Les chemins du langage

 

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Index
1) Les phonèmes
2) Jeu de société
3) Exemples interprétations principales
4) Liste des homonymes internationaux, ou faux amis
6) Proverbes et expressions
7) Liste de Swadesh multilingue
Contact

5) Liste des figures de styles



Le langage humain comporte des tonnes d’anagrammes, ainsi que d’autres figures de style :



1

Accumulation

L'accumulation est une figure de rhétorique qui se traduit en une énumération d'éléments appartenant à une même catégorie et qui crée un effet de profusion. Exemple : « elle centre, elle aligne, elle justifie, elle paragraphe, elle tabule, elle mémorise... et tout ça sur un grand écran. »

2

Acronyme

Mot constitué de syllabe provenant d'autres mots, sensé correspondre à la somme de ces mots. Beaucoup de noms industriels, de noms de sociétés utilisent des acronymes.

3

Acrostiche

Un acrostiche est un poème dans lequel les initiales de chaque vers composent un mot.

Exemple:
Honoré par la vie, qui me couvre d’années
A lui donner l’enfance, l’adolescence
Bradées à ce temps, qui me prête les âges
Il faudra par les rides, payer son crédit
Libre et avant de mes heures condamnées
Las de les voir en convalescence
Et obliger mes ans à tourner les pages
Reléguant à son souvenir ce discrédit

A ne voir la vie que comme destinée
Vu que tout ceci est une évidence
Et pourtant, qu’elle soit farce ou truquage
Comme elle est, de ne l’aimer je m’interdit

Lentement je finirais cette randonnée
Et au fil des jours qui note sa cadence

Tuant les heures qui marquent mon passage
Et que ma présence ainsi abandonnée
M’offrira le trépas pour ma résidence
Pieuse habitation quand vient le cassage
Signant ainsi une fin bien coordonnée

Si les lettres initiales suivent l'ordre de l'alphabet, on parle d’abécédaire. Si ce sont les lettres médianes qui forment un mot, il s'agit d'un mésostiche et dans le cas des lettres finales d'un téléstiche et acrotélenton.

4

Adynaton

On présente une idée excessive de façon si outrée qu'elle en devient impossible, ex : Je remarquai (...) la présence d'un jeune homme dont le col était plus long que celui de la girafe…

5

Allégorie

L'allégorie (f) est une représentation concrète et imagée par des éléments descriptifs d'une idée abstraite. On peut distinguer entre l'allégorie figure de style, ou, plus précisément, figure d'élocution et l'allégorie comme procédé d'invention. La première déborde rarement le cadre de la phrase. Il s'agit en fait d'une métaphore qui est présentée point par point. Par exemple, quand un amoureux s'écrie : « C'est une tigresse ! », il recourt à une métaphore. Mais s'il dit : « Cette tigresse me guette, puis bondit sur moi et me dévore le cœur », c'est une allégorie. Quand une telle allégorie se prolonge un peu, on parle en général de métaphore filée. (exemples : l'Amour, la Mort par une image, un tableau, souvent par un être vivant)

6

Allitération

L'allitération (f) est la répétition de sons identiques. À la différence de l'assonance, le terme « allitération » est réservé aux répétitions de consonnes. Exemples : « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » (Racine, Andromaque, V, 5) ou encore « La chasseresse sans chance / de son sein choie son sang sur ses chasselas » (= cépage blanc) (Desnos, Corps et biens, « Chanson de chasse »).

7

Allusion

En rhétorique, une allusion est une figure de style qui permet d'éveiller l'idée d'une personne ou d'une chose sans en faire expressément mention.

8

Amphibologie

Une amphibologie (du grec ampibolia) est, en logique, une construction grammaticale qui permet à une phrase d'avoir deux sens différents et qui peut conduire à un raisonnement fallacieux. Ex : l’avocat de la justice (pour/dans), l'assassin de la police (pour/contre). Le nom du produit que j'achèterai (lequel).

9

Amphigouri

En rhétorique, un amphigouri est un discours ou texte volontairement obscur ou inintelligible.

10

Amplification

L'amplification (f) se fonde sur une gradation de succession d'idées ou de mots de plus en plus forts entre les termes d'une énumération ou dans la construction d'un paragraphe.

11

Anacoluthe

En rhétorique, l'anacoluthe (f) est une rupture de la construction syntaxique. Le mot anacoluthe vient du grec ἀνάκολουθον anákolouthon, « qui n'est pas à la suite de » ; c'est un mot composé du préfixe privatif a(n)- et d'akolouthos, « qui suit, qui s'accorde » (ce mot a aussi le sens de « compagnon de route » d'où notre acolyte).
Principaux types d'anacoluthes :
Quand la phrase commence par un mot ou un groupe de mots (dont on pressent qu'il a la fonction de sujet) qui ne trouve pas de fonction dans la suite de la phrase : moi mes souliers ont beaucoup voyagé (Félix Leclerc). Il s'agit ici de thématisation par dislocation : il n'y a pas de lien fonctionnel entre le thème moi, disons plûtot mes souliers (car c'est ce que je sais de plus grande) et le propos ont beaucoup voyagé (qui est en quelque sorte une nouvelle information, dont ici, je transmets).
Quand la construction d'un complément n'est pas celle qu'il devrait avoir : j'ai vu et j'ai parlé à mes amis. On a ici coordonné un verbe transitif direct avec un transitif indirect. On peut aussi parler dans ce cas de zeugma grammatical (deux verbes de constructions différentes pour un même complément).
Quand on développe une proposition subordonnée qui ne se rattache à aucune proposition principale : Quand tout dort, que la lune brille, mais il fait jour.
L'anacoluthe appartient à la langue parlée (et tend par là à l'incohérence). Il est difficile d'assurer qu'une anacoluthe est bien une figure, c'est-à-dire un procédé volontaire destiné à produire un certain effet (persuader, attirer l'attention, dérouter...). Ainsi, l'exemple qu'on donne souvent, emprunté à Pascal, le nez de Cléopâtre : s'il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé n'est peut-être qu'une négligence, due à la rapidité de la rédaction (les Pensées sont le brouillon d'une œuvre jamais publiée du vivant de son auteur). De même, si l'on voit comme le théoricien du XIXe siècle Fontanier une anacoluthe dans le fameux vers de Joachim du Bellay, Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage parce que l'on attendrait Heureux celui qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, on oublie que, dans la langue de Du Bellay, il n'était pas rare d'utiliser de cette manière le pronom relatif (on en a gardé la trace dans des proverbes du type Qui vole un œuf vole un bœuf).
Cependant, on peut relever dans des œuvres littéraires quelques anacoluthes-figures assurées, ainsi chez Paul Éluard Moi mon remords/ Ce fut la malheureuse qui resta/ Sur le pavé, où l'anacoluthe produit un effet expressif et implique le narrateur dans son évocation. Certains auteurs (Paul Verlaine, Nathalie Sarraute) usent encore de l'anacoluthe pour imiter la langue parlée ou pour traduire le caractère décousu du monologue intérieur. Mais s'agit-il vraiment de figure ou de la simulation d'une erreur ou d'un état psychologique - ce qui est néanmoins toujours de la rhétorique, celle de la catégorie appelée ethos - ?
Exemple dans Athalie de Racine (Acte I, scène 4) : « Vous voulez que ce Dieu vous comble de bienfaits / Et ne l'aimer jamais ? »

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Anacyclique

Un anacyclique est un mot ou phrase que l'on peut lire à l'envers ou à l'endroit. Contrairement à un palindrome, un anacyclique a une signification différente selon le sens de lecture. On entend, par définition, que les anacycliques sont aussi des anagrammes.

Exemples :
« Léon » et « Noël »
« tracé » et « écart ».
« mon » et « nom »
« saper » et « repas »

Des phrases peuvent être anacycliques quant aux mots qui les composent.

Exemple :
« Souffrir sans amour, l’oublies-tu parfois ? » et « Parfois, oublies-tu l’amour sans souffrir ? »

13

Anadiplose

En rhétorique, une anadiplose est une figure de style consistant à la reprise d'un même mot en fin de phrase et en début de phrase suivante.

14

Anagramme

Une anagramme (du grec ana-, « en arrière », et grafein, « écrire ») est le résultat de la permutation des lettres d'un ou plusieurs mots de manière à produire d'autres mots qui ont un sens.

Exemples :
Andes → Sedan → danse
aube → beau
Boronali → Aliboron
camion → manioc
chien → chine → niche
Chinon → nichon
corps → porcs
égocentrisme → géocentrisme
Éros → rosé
François Rabelais → Alcofribas Nasier (son pseudonyme)
gare → rage → géra
génie → neige
If → fi
Le Figaro Magazine → Le gai FroMage nazi
Milan → Malin
Naples → planes
poule → loupe
rose → oser
sel → les
soif → fois
télé → l'été
âcre → race
aimer → marie → maire → ramie
ami → mai
Anna → nana
arc → car
art → rat
astre → Tarse
barre → arbre
bien → béni
bol → lob
café → féca
Carole → oracle
chaleur → lâcheur
chantée → étanche
cor→ roc
dent → tend
derme → merde
devis → vides
dire → ride
dorer → rôder
douce → coude
dure → rude
écran → crâne → nacre
édité → déité
émois → Moïse
épave → pavée
éternité → étreinte (Montherlant)
fins → snif
fuis → suif
fume → meuf
ganse → anges → nages
garder → regard
île → lie
lacer → caler
laid → d'ail
lame → mâle → mêla
Léon → Noël
liche → chile
lime → miel
lin → Nil
Luc → cul
lucre → recul
l'un → nul
mander → damner
merci → crime
mirer → rimer
moche → chôme
mode → démo → dôme
moins → Simon
mon → nom
nez → zen
nider → dîner
noces → cônes
nuire → ruine
par → rap
parer → râper
patricien → anticiper
pure → puer
quine → nique → équin
racine → Carine → ricane
ramée → armée → marée
ramer → armer
rêche → chère
reçu → curé
Révolution française → Un véto corse la finira
riche → chéri → chier
rien → reni → nier
rions → noirs
river → virer
robe → bore
rousse → ourses
sal → las
saper → repas
seuil → luise
sien → sein
soir → rois
sorte → torse
suer → ruse
tare → rate
tente → nette
tige → gîte
tire → rite
tube → bute
ulcère → recule
verse → serve
vile → live
vrai → ravi
Les anagrammes peuvent permettre de faire passer des messages :
Ponce Pilate demandant à Jésus : QUID EST VERITAS ? (Qu'est-ce que la vérité ?)
Il répondit : EST VIR QUI ADEST (C'est l'Homme ici présent).
Encore eût-il fallu que le Christ parlât latin…

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Analepse

L'analepse (f) en narratologie, c'est un retour sur des événements antérieurs au moment de la narration. L'analepse s'oppose à la prolepse.

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Anaphore

En rhétorique, une anaphore est une variété de figure de répétition, consistant en une ou plusieurs reprises d'un même segment ou d'un même mot, en tête de vers, ou en tête de phrase. Elle rythme la phrase, souligne un mot, une obsession, ou provoque un effet musical. (ex: anadiplose, panadiplose, rime) Exemple dans Horace de Corneille (acte IV, scène 6) : « Rome, l'unique objet de mon ressentiment ! / Rome, à qui vient ton bras d'immoler mon amant ! / Rome qui t'a vu naître, et que ton cœur adore ! / Rome enfin que je hais parce qu'elle t'honore ! »

17

Anastrophe

En rhétorique, l'anastrophe est une figure de construction qui consiste en une inversion de l'ordre habituel des mots d'un énoncé pour créer un effet de langue raffiné. Par exemple, «jamais cela ne fonctionnera» au lieu de «cela ne fonctionnera jamais».

18

Antanaclase

L'antanaclase (f) consiste à reprendre un mot (parfois sans le répéter expressement) dans une phrase avec un sens défférent. Exemple : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point. » (Blaise Pascal, Pensées, XXVIII), (sonore : La réponse semble reprendre la chaîne sonore de la question)

19

Anticipation

Description de faits, de découvertes scientifiques ou techniques, de systèmes d'organisation sociale et politique dont l'auteur imagine qu'ils verront ou pourraient voir le jour dans le futur.

20

Antiphrase

L'antiphrase est une figure de rhétorique consistant à dire le contraire de ce que l'on pense.

21

Antithèse

L'antithèse (f) rapproche deux termes aux sens naturellement opposés pour mettre en valeur le contraste. Exemple dans Ruy Blas de Victor Hugo (acte II, scène 2) : « [...] un homme est là / qui vous aime, perdu dans la nuit qui le voile ; / qui souffre, ver de terre amoureux d'une étoile [...]. »

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Antonomase

En rhétorique, une antonomase est la figure de style par laquelle un nom propre (ou une périphrase énonçant sa qualité essentielle), est utilisé comme nom commun, ou inversement.
Procédé de substitution jouant sur l'opposition « nom propre / nom commun », l'antonomase est donc un trope qui permet d'employer :
un nom commun pour signifier un nom propre ;
un nom propre pour signifier un nom commun ;
un nom propre pour signifier un autre nom propre.
Le trope par antonomase peut être, selon le cas, analysé comme une métonymie ou comme une métaphore.

Certaines antonomases courantes finissent par se lexicaliser et figurent dans les dictionnaires usuels (« un don juan », « un harpagon », « un bordeaux », « le roquefort », etc.).
Lorsqu'elles aboutissent à la production d'un nom commun, les antonomases ne prennent normalement pas la majuscule des noms propres.   Exemple : « un Harpagon », pour désigner un avare, est une antonomase. C'est aussi le cas lorsqu'on remplace un nom par une périphrase « la capitale de la France » pour désigner « Paris ».

23

Apagogie

Une apagogie (du grec ancien apagôgê) est un raisonnement philosophique consistant à demontrer la vérité d'une proposition en prouvant l'absurdité de la proposition contraire.

24

Aphérèse

Une aphérèse est un changement phonétique qui se traduit par la suppression d'un ou de plusieurs phonèmes au début d'un mot. Il y a eu aphérèse lors du passage du vieux français estatut à statut.

25

Aphonie

Voyelles voisines dans deux mots rapprochés : Il pleure dans mon coeur / Comme il pleut sur la ville

26

Apocope

Retranchement d'une lettre ou d'une ou plusieurs syllabes d'un mot. Ex : ciné pour cinéma, télé pour télévision.

27

Apophatisme

Une vérité inconnue se laisse-t-elle approcher par négations, ex : Il n'était pas vraiment laid. Pas banal non plus.

28

Aposiopèse

Une aposiopèse (ou réticence) est une rupture dans la suite attendue des enchaînements de la phrase.
Exemple dans L'Énéide de Virgile : « Osez-vous, sans ma permission, ô vous, bouleverser le ciel et la terre et soulever de telles masses ? J’ai envie de vous… ! Mais il faut d’abord apaiser les flots déchaînés… » (Chant I). L'aposiopèse ne doit pas être confondue avec la suspension qui n'interrompt pas mais retarde « vers la fin de l’énoncé l’apparition d’une partie essentielle de l’énoncé. »

29

Apostrophe

L’apostrophe est une fonction grammaticale utilisée pour marquer une interpellation. Par exemple, dans la phrase « Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau. / Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! » (« Le Corbeau et le Renard », Fables, Jean de La Fontaine), Monsieur du Corbeau est utilisé comme une apostrophe. Cette fonction est généralement traduite dans les langues à déclinaisons par un vocatif.

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Approximations successives

L'intention expressive reparaît avec des contenus nouveaux, ex : Il y en avait un qui se faisait remarquer, je ne sais plus très bien par quoi. Par sa mégalomanie? Par son adiposité? Par sa mélancolie?

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Assonance

L'assonance (f) : C'est la répétition d'une même voyelle dans une phrase ou un vers. Exemple dans Poèmes saturniens de Verlaine (« Mon rêve familier ») : « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant [...] ».

32

Astéisme

On nomme astéisme le procédé consistant à louer par un discours donnant l'apparence du blâme. Cet artifice permet de complimenter avec une distance de bon ton - sans servilité - voire d'instaurer une sorte de complicité tacite avec la personne à laquelle on s'adresse. Exemple : tu es franchement un immonde personnage de participer à ce projet qui, avec ses 63000 articles, est déjà en train de tuer dans l'indifférence la plus totale le fleuron de nos encyclopédies. Tu oses encore te regarder dans la glace ?

33

Asyndète

L'asyndète (f) : C'est la suppression des particules de coordination dans l'ordre grammatical ou sémantique. Exemple dans Les Caractères de La Bruyère (« Ménalque ») : « [...] Ménalque se jette hors de la portière, traverse la cour, monte l’escalier, parcourt l’antichambre, la chambre, le cabinet; tout lui est familier, rien ne lui est nouveau ; il s’assit, il se repose, il est chez soi. ».

34

Avant-après

On compare le présent au passé ou à l'avenir, ex : Tes vernis luisaient, ils sont devenus répugnants. Mais, dans ton imper, tu étais quelconque, et tu seras impeccable.

35

Augustinisme

On renforce, par une similitude sonore, une opposition de sens, ex : Sans Queneau, Cordelier n'aurait pu ni exister ni subsister.

36

Biais cognitif

Le biais cognitif est une erreur de décision et de comportement ayant pour cause une insuffisance relevant des mécanismes cognitifs.

37

Branduit

Nom commun venant d'une marque. Ex : frigidaire, abribus.

38

Cacographie

La cacographie désigne les erreurs dans l'orthographe ou dans le style. Cacographie provient de deux termes grecs : kakos (laid), graphein (écrire).

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Calembour

Le calembour est un jeu de mots fondé sur l'homonymie (mots qui se prononcent de la même façon, mais différents par le sens) et la polysémie (mot ayant plusieurs sens).
Le calembour s'applique à des expressions figées, bien connues ou à des situations que le contexte permet de décoder :
Il n'y a que la vérité qui baisse.
Jamais deux sans toi.
Le vieux est l'ennemi du bien.
Un Marx et ça repart.
« Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon église ».
« J'aimerais mieux aller hériter à la poste que d'aller à la postérité », Commerson.
« Allons ! Finissons-en, Charles attend ! », Louis XVIII sur son lit de mort entouré de ses médecins.
Demandez nos exquis mots.
Un clavier azerty en vaut deux.
Comme son nom l'indique, le hamburger est originaire de la ville de Hambourg.
De fait, les hambourgeois, dès qu'ils éprouvent un petit creux, aiment se caler l'estomac en consommant ce plat. C'est pourquoi j'ose proférer : « Ce plat cale Hambourg ! » (Boris, Réflexions épuisantes, propos abymés, épuisé.)
À cheval donné, on ne regarde pas la bitte.
Qui trop embrase mal éteint.

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Catachrèse

La catachrèse (du grec κατάχρησις katákhrêsis, « emploi (abusif) ») est, avec l'emprunt lexical, l'un des procédés par lesquels le lexique d'une langue s'enrichit. Elle donne un sens nouveau à un mot ou à une expression qui existe déjà en étendant ce sens à l'aide d'un trope, ou figure de rhétorique en un seul mot (ou expression). La destinée normale d'une catachrèse est de se lexicaliser, de sorte qu'on oublie que le mot n'a pas toujours eu ce sens-là. Par exemple, on ne voit plus que poubelle est une antonomase (et aussi une métonymie), du nom du préfet de la Seine Eugène-René Poubelle qui imposa en 1884 l'usage de ce récipient. D'autres, en revanche, n'y réussissent pas : gendarme couché semble avoir été définitivement remplacé par ralentisseur.
Les procédés menant à la catachrèse sont multiples :
par métaphore : un dos d'âne ;
par métonymie : boire un verre ;
par synecdoque : un troupeau de cent têtes ;
par antonomase : un bidasse.
Certains théoriciens parlent aussi de catachrèse pour désigner l'emploi d'un mot au-delà de son sens strict, par exemple : « une sorcière à cheval sur son balai » (le balai n'est pas un cheval), que cet emploi se soit lexicalisé, comme dans cet exemple, ou qu'il soit ressenti comme une incohérence. On peut citer aussi les « ailes » d'un avion, la « bouche » de métro, etc. 
On dit couramment que la catachrèse est une métaphore lexicalisée. Exemple : « les pieds d'une table », « les bras d'un fauteuil » ou encore « les ailes d'un avion » .

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Charade

La charade classique dans sa forme la plus simple, la charade consiste à décomposer phonétiquement l'expression à deviner en plusieurs mots que l'on définit l'un après l'autre.

Exemple :
Mon premier est un animal
Mon second est une anse
Mon tout est une devinette
Solution : chat - rade → charade

Il existe des formes plus ou moins compliquées, en ajoutant des calembours à différents niveaux, en voici quelques exemples:
Mon premier est bavard
Mon second est un oiseau
Mon troisième est du chocolat
Mon tout est un délicieux gâteau
Solution : bavard - oiseau - chocolat → bavaroise au chocolat

Mon premier est vert
Mon second est bleu
Mon tout est précieux
Solution : pré - cieux → précieux

La charade avec accent ou défaut de prononciation
Mon premier est un poisson
Mon second est un arbre fruitier
Mon tout est un roi de France
Solution : anchois - pommier → François Premier, à prononcer la bouche pleine!

La charade répétitive
Mon premier est une salade
Mon second est une salade
Mon troisième est une salade
Mon quatrième est une salade
Mon cinquième est une salade
Mon sixième est une salade
Mon septième est une salade
Mon huitième est une salade
Mon tout est un écrivain
Solution : les huit scaroles → Lewis Carroll

La charade à tiroir : chaque définition est détournée par un jeu de mots.
Mon premier est une lézarde dans le mur d'un igloo
Mon second affirme qu'il n'est pas britannique
Mon tout est la préfecture d'un département d'outre-mer français
Solution : mon premier est baste, car raie au mur, c'est baste au pôle (jeu de mots : Réaumur-Sébastopol, station du métro de Paris), mon second est erre, car erre nie être anglais (jeu de mots : hernie étranglée), mon tout est donc Basse-Terre

Mon premier va çà et là,
Mon second est employé des Postes,
Mon troisième ne rit pas jaune,
Mon quatrième n'est pas pressé,
Mon tout est le plus célèbre auteur de charades à tiroirs.
Solution: mon premier est Vic car Vic erre (Vicaire), mon second est Tor car Tor est facteur (Torréfacteur), mon troisième est Hu car Hu rit noir (Urinoir), mon quatrième est Go car Go est lent (Goéland), et mon tout est Victor Hugo (Vic-Tor-Hu-Go).

La charade répétitive à tiroir
Mon premier est une rondelle de saucisson sur un boomerang
Mon second est une rondelle de saucisson sur un boomerang
Mon troisième est une rondelle de saucisson sur un boomerang
Mon quatrième est une rondelle de saucisson sur un boomerang
Mon cinquième est une rondelle de saucisson sur un boomerang
Mon sixième est une rondelle de saucisson sur un boomerang
Mon tout est une saison
Solution : le printemps, car les six rondelles sont de retour

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Chiasme

Le chiasme (du grec khiasmos « disposition en croix ») est une figure de rhétorique qui a pour effet de donner du rythme à une phrase. Les éléments de deux groupes parallèles sont inversés. Le chiasme peut souligner l'union de deux réalités ou renforcer une antithèse. Suivant la structure A-B-B-A.
Exemple:
La neige fait au nord ce qu'au sud fait le sable. ou J'empoignais le pain et le boulanger m'empoigna. Victor Hugo
Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger (Molière). Exemple dans Les Fleurs du Mal de Baudelaire : « Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon [...] » (« Le balcon »).

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Chleuasme

Il s'agit d'un procédé rhétorique consistant à en rajouter sur soi-même pour mieux se dédouaner. Par exemple, commencer un discours sur un sujet délicat, dont on est connu comme étant spécialiste peu contesté, en disant : je n'y connais pas grand'chose et je ne peux guère que contribuer à poser le problème. En se dépréciant, le locuteur espère attirer sur lui au moins la confiance, au mieux la sympathie active de celui qui l'écoute.

Ce mot imprononçable n'est que la francisation par translittération d'un substantif grec, chleuasmos, ironie, plaisanterie, raillerie ( selon le Bailly -le lexique d'Anatole...- ), et se trouve utilisé par Démosthène et quelques autres rhèteurs grecs.

En cherchant bien, on peut retrouver cité comme synonyme le mot prospoïèse, lui aussi issu du grec ancien et ayant théoriquement et littéralement le sens en faire de trop.

En français courant, chleuasme pourrait s'exprimer par feinte = je vous ai bien eus !

Comme l'aurait dit Mirabeau, à qui l'on prête beaucoup de propos célèbres, « les hommes sont comme les lapins, ils s'attrapent par les oreilles ».

44

Chute

Fin d'un poème, d'une histoire brève.

45

Circonlocution

Périphrase lourde, entortillage.

46

Comparaison

La comparaison est une figure de rhétorique. C'est la mise en regard de deux termes ou de deux idées comparées dans une volonté de clarté ou de poésie. Contrairement à la métaphore, la comparaison exprime directement l'assimilation entre les deux idées en utilisant souvent un terme de comparaison (comme, tel, semblable à, etc.).. La comparaison n'est donc pas un trope.

47

Complément interne

Un complément formé du même mot que son noyau : Boutonne donc ce bouton!

48

Complément quasi interne

Le sens revient dans le complément du verbe, mais avec un autre mot, ex : Il maugréa son mécontentement

49

Contamination

Certaines parties de l'oeuvre sont-elles empruntées trop directement à des textes d'autres auteurs

50

Contradiction

Réunion de deux voyelles ou de deux syllabes en une seule. On en distingue deux sortes : crase : suppression d'une voyelle ou d'une syllabe, et synerese : fusion de 2 voyelles contigües en une diphtongue. Ex : paon [pB]

51

Contre-assonance

Deux vers sont-ils apparentés par des consonnes finales communes, ex : Lui montrant (...) Où se mettre

52

Contrefision

Énonce-t-on avec une ironie amère ce à quoi on s'attendait, mais qui est l'inverse de ce qui se passe, ex : Les passagers me reconnaissent. Ils me saluent avec amitié, avec respect.

53

Contrepèterie

La pratique de la contrepeterie (parfois appelée antistrophe) consiste en l'art de décaler les sons. Cet art aboutit à des contrepèteries, des phrases à partir desquelles on peut obtenir, en permutant certains phonèmes ou certaines syllabes, une nouvelle phrase ayant par principe un sens cocasse, grivois, et même de préférence franchement gaulois.

Exemple : dans la phrase Mon oncle perd courage devant les amas de patentes devient en permutant le p et le m : Mon oncle perd courage devant les....

Le journal Le Canard enchaîné est célèbre pour sa sélection hebdomadaire de contrepèteries, dans la rubrique intitulée Sur l'album de la Comtesse créée par Luc Etienne (qui fut Régent de Contrepet au Collège de Pataphysique). L'ouvrage La redoute des contrepèteries en énumère des centaines. Le Canard enchaîné publia un jour un poème qui pouvait se lire avec deux sens différents selon qu'on le contrepétait ou non. Voici le premier quatrain:

« L'hommage de leurs vers qu'à l'envi les poètes

A la femme déçue offrent toujours ardents

Flatte certes le but mais n'apaise la quête :

L'attente a des plaisirs qu'on ne fait qu'un moment. »
L'usage veut qu'on ne donne jamais la solution d'une contrepèterie, chacun devant la trouver lui-même. Le faire comme au début de ce paragraphe serait en société une très grave faute de goût.

Ajoutons que la correspondance des sons doit être stricte ; il ne saurait être question de dire :

« Le Ministre des Finances toutes les baisses faisables »

de François Rabelais, qu'on dit être l'inventeur du procédé :
« [Panurge] disoit qu'il n'y avoit qu'un antistrophe entre femme folle à la messe et femme molle à la fesse.
Goûtez-moi cette farce !
À Beaumont-le-Vicomte.
La noire me fuyt
Cette femme est une lieuse de chardons. »
d'Estienne Tabourot (1547-1590) :
« Toutes les jeunes filles doutent de leur foy. »
de Victor Hugo : « j'ai fait le bossu cocu, j'ai fait le beau cul cossu ».
plus près de nous, Benjamin Péret publie un ouvrage en 1928 : « Les rouilles encagées ».
de Boris Vian : « le peintre émet des avis sur les nus ».
Robert Desnos en écrivit un certain nombre dans la section sur Rrose Sélavy du recueil Corps et biens, souvent en en donnant la solution :
Dans un temple en stuc de pomme le pasteur distillait le suc des psaumes.
Rrose Sélavy connaît bien le marchand du sel.

Quelques contrepèteries
Aimable souvent
Bob hésite.
Bouilleur de cru
Ce Messier est fou !
Ces garçons ont appris a calculer en cent leçons.
C'est du pus de génisse.
C'est un ministre décent
C'est un facheux problème de math
Conan le barbare
Dans les régions où nous sommes, nous ne pouvons nous passer de vaccins
Dès qu'on touche à son petit banc, il boude.
Deux carioles sans mulets.
Elle m'a menti, la sotte.
Envoyons-nous dans la culture !
Goûtez-moi cette farce !
Henry a été maculé de boue.
Il a glissé dans la piscine.
Il coupe les nouilles au sécateur.
Il fait beau et chaud (dite contrepèterie belge en France)
Il faut être peu pour bien dîner.
Il faut savoir prendre les choses en riant.
Il scrute, le gars.
Je te laisse le choix dans la date.
Je vais sécher le linge.
La baisse excite les foules.
L'abeille coule.
La biche allaitante
La cabine 13.
La Chine se soulève à l'appel des Nippons.
La jeune fille contemple un plan qui vient de la Guinée.
L'aspirant habite Javel.
L'astronome a son job dans les profondeurs zénithales
Le boutre du sultan coule au confluent de la Garonne.
Le cuisinier a un canard sur le feu.
Le grand test sur les particules.
Le fakir arrivait à pied par la Chine.
Le jeune homme a une mine piteuse.
Le mépris des chansons
Le Pape n'aime pas que l'on bâcle les rites.
Le Pecq, quel nom !
Le pédant rentre-t-il de Nice ?
Le bout pendait.
L'épicurien recherche les sources du bonheur.
Le plan De Gaulle a fait saigner le cœur de Massu
Le Pont-Neuf fait 60 pieds.
Le sang circule.
Le séminariste rêve de se voir en curé avec une petite calotte.
Le tout de mon cru (titre de recueil resté longtemps imaginaire)
Le tennis de Noah est prévisible
Les Croix de feu
Les écoliers jouent dans les pièces du fond.
Les gendarmes sont des fous du malus.
Les laborieuses populations du Cap.
Les parachutistes se font légers pour mieux chuter.
les physiciens voient le monde conique.
Ma grand-mère est folle de la messe.
Madame Vigée-Lebrun.
Mammouth écrase les prix. (Coluche)
Mets ta casquette !
Monsieur, vous avez du feutre sur le cou !
Ne mettez pas vos mains sur la piste de l'égoïne.
Ote ta lampe que je guette.
On n'est jamais très fort pour ce calcul
On reconnaît les concierges à leur avidité.
Parachute
Que de gîtes la pauvre femme habita !
Que j'aime l'escalope sur une belle salade !
Quel beau métier professeur !
Quel champs de coton!
Quelle bouille ce matin !
Rue de la paix
Sabine aime les prunes.
Sagesse n'est pas folie.
Salut Fred !
Salut Patrick !
Superman a une bouille incroyable
Tacite se promène en babouches.
Taisez-vous en bas !
Votre père à l'air mutin.



On peut aussi doubler, tripler... la contrepèterie :

Elle quitait au coup de leurs boeufs car il l'avaient l'envoyé dans la culture, mais elle revennait à la ferme pleine d'espoir, au Pont du Jura.
La fermière sait que sa poule mue, aussi vit-elle aux champs.
L'Afrique est bonne hotesse mais ces canicules ne m'ont pas emballées.
Les mutins passent la berge du ravin.
Philanthropie de l'ouvrier charpentier (difficile)
Il y a une panne de micro dans la pièce du fond qui me brouille l'écoute.
Les nouilles cuisent au jus de canne.
Les mutins ont passé la berge du ravin.
Métropolitain (écrit pendant l'Occupation)
Des colonnes de gauchistes se sont branchées sur l'Irak.
J'aime au sortir du camp une longue pêche sous-marine.
Qui aime les baies d'airelles à le choix dans les dates pour les chercher.
Quand la rate chatouille, les bouillons ont déjà cessé.
Cette jatte de choix a été rangée sans user de quelque magot.
Parce qu'il avait une mère cocue très dolente, Luther n'a pas calculé en vain.
Certains noms propres sont une contrepèterie :

Thierry d'Argenlieu
Lycée Ampère

Amis du contrepet

Louis Perceau
Rédigea jadis un ouvrage de référence sur le genre : « Vous avez lu Perceau » est une phrase qu'on aime à se dire entre initiés.


Luc Etienne
Déjà cité, a rédigé entre autres œuvres (« La méthode à Mimile », « l'Art de la charade à tiroirs ») un Art du contrepet qui fait encore référence aujourd'hui, et qui contient des passages fort travaillés comme le discours d'un locataire contenant les phrases suivantes :

« Elle eut peur de mon mot de guichet :
Les concierges n'aiment pas être éveillées brutalement.
Mais comme elle insistait pour attirer mon terme,
Je laissai travailler ma bile et me sentis détesté.
Une sorte de rage me tenait lieu de verve »

etc. Le tout se termine par :

« Elle me dit : « Après ce marc, faudrait une bonne dînette ».
Je sentis alors l'avidité des concierges. »

Il donne également des conseils : de même que le charme des mots croisés réside dans le fait d'y donner des définitions non banales, il faut une fois le contrepet trouvé lui trouver une courte introduction aussi appropriée à l'innocente phrase de base qu'à sa variante sulfureuse. Ainsi, sur les mots « roussette » et « pain », l'introduction suivante ne fait que rendre plus savoureuse la contrepèterie :

« Mais je ne pêche pas, monsieur le curé ! J'agace les roussettes avec mes bouts de pain ».

Et sur « affale » et « bazar », quoi de plus plaisant que ces cinq mots d'introduction ? :

« Epuisée par une longue queue, la pauvre femme s'affale devant le bazar ».

54

Demi-antonymie

Le sens d'un mot diverge de celui d'un autre, mais sans modifier la visée, ex : Révolution ou évolution de la mode ?

55

Diaphore

Une diaphore est une antanaclase qui consiste à donner un sens plus marqué la seconde fois. Exemple : Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas (Pascal), L'existence précède l'essence et l'essence est de plus en plus chère. (demi-diaphore : Y'a de quoi perdre la raison. --- T'as bien raison)

56

Dingbats / Swingbats

é tout = essuie-tout, vent o  = au suivant. Liens possibles : suit, sur, sous, dans, en, sans, et, colle, près, après, précède, contre, la fin, deux fois, gros, plus, moins, au centre, au cœur, mi, sauf, haut, bas. Mio = c.

57

Disjonction

La disjonction est une notion de phonétique et de phonologie. Il y a disjonction quand, en français, une liaison ou une élision ne sont pas pratiquées.

58

Dissimilitude

Manque de similitude.

59

Ellipse

Une ellipse est un procédé de rhétorique consistant à omettre un ou plusieurs mots, que le lecteur est censé retrouver spontanément. En narratologie, l'ellipse passe sous silence des événements, ce qui accélère considérablement la narration.

Ex : Le ciel est nuageux, le temps sombre.
On peut aussi combiner l'inversion et l'ellipse : Bleu est le ciel, verte la mer.
L'ellipse est la caractéristique principale du style télégraphique : Suis reçu examen. Rentre samedi.
L'accroche journalistique (Attentat de Djakarta, La marque Al-Qaeda) ou publicitaire (Froid, moi ? Jamais !) utilise l'ellipse pour une meilleure efficacité.
L'ellipse peut être souhaitable pour éviter les lourdeurs. L'ellipse peut aussi être une figure de style. Par extension : ellipse d'une narration.
C'est par ellipse qu'un adjectif peut devenir un substantif : une (voiture) automobile, une (section) conique. Le résultat est parfois ambigu : le portable est-il un ordinateur ou un téléphone ?

60

Emphase

L'emphase (f) désigne tout ce qui permet de renforcer une image, une idée.

61

Énallage

Une énallage est une figure qui consiste à employer une forme autre que celle qu'on attendait. Il peut s'agir d'un échange de pronom personnel, de mode, de temps ou d'un genre à la faveur d'un autre.

62

Épanadiplose

En rhétorique, une épanadiplose est une figure de style consistant à la reprise à la fin d'une proposition du même mot que celui situé en début d'une proposition précédente.

Exemple: L'enfance sait ce qu'elle veut, elle veut sortir de l'enfance (Jean Cocteau)

C'est l'inverse de l'anadiplose.

63

Épanalepse

Il y a deux assertions entièrement identiques ou presque, ex : Mais tout à coup, il se glissa vers l'arrière. Il se glissa vers un siège qui venait de se libérer.

64

Erreur simulée

On dissimule le vrai sous les apparences du faux.

65

Euphémisme

Un euphémisme est une figure de rhétorique qui consiste à atténuer ou adoucir une idée déplaisante. À tel point que la confusion qui en naît peut dévaloriser un mot à l'encontre d'autres bien précis. On parle aussi d'euphémisme de bienséance. Le contraire de l'euphémisme est l'hyperbole.

La figure de l'euphémisme est omniprésente dans l'expression du « politiquement correct », et massivement utilisée en temps de guerre, notamment comme composante de la propagande : dans ce cas, l'euphémisme à pour effet de diminuer l'impact d'une information sur le moral de la population afin de conserver son soutien.

Il est important de noter que des termes ne sont des euphémismes que par leur emploi dans un contexte donné : ainsi, «malentendant» n'est pas un euphémisme si ce terme désigne une personne dont l'acuité sonore est diminuée, mais seulement si la personne ne perçoit aucun son, et que le locuteur veut éviter l'usage du terme «sourd».
Exemple canonique : « Il a vécu. » pour « Il est mort ».

66

Echo sonore

Deux groupes syntaxiques sont apparentés par divers sons, qu'ils ont en commun, ex : Je montai, elle monta. On y est. On se tasse. On est assez.

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Exorde

En rhétorique, première partie d'un discours, qui a souvent pour but d'attirer l'attention et la bienveillance de l'auditoire.

68

Expolition

On reprend de façon plus nette une idée afin de la graver dans l'esprit des auditeurs, ex : Il crut que l'autre l'avait fait exprès. Il savait que d'aucuns ne pouvaient le voir sans lui chercher noise. L'autre, donc, avait dû préméditer.

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Faux proverbe

Faux proverbe Inspiré de
Qui vole un œuf n'a pas de poule Qui vole un œuf vole un bœuf
Qui vole un bœuf est très fort Qui vole un œuf vole un bœuf
Noël au scanner, Pâques au cimetière (Pierre Desproges) Noël au balcon, Pâques au tison
Noël au balcon, enrhumé comme un con Noël au balcon, Pâques au tison
Noël au balcon, Pâques aux rabanes Noël au balcon, Pâques au tison
Neige en novembre, Noël en décembre Noël au balcon, Pâques au tison
Quéquette en décembre, layette en septembre Noël au balcon, Pâques au tison
Ne remets jamais au lendemain ce que tu peux faire faire aujourd'hui par un autre Ne remets jamais au lendemain ce que tu peux faire le jour même
Ne remets jamais à deux mains ce que tu peux faire avec une seule Ne remets jamais à demain ce que tu peux faire le jour même
Ne remet pas à demain...ce que tu peux faire après-demain (Alphonse Allais) Ne remets jamais à demain ce que tu peux faire le jour même
Indien vaut mieux que deux Sri Lanka Un tiens vaux mieux que deux tu l'auras
Noyons Joël Joyeux noël
Un chien vaut mieux que deux petits rats Un tiens vaux mieux que deux tu l'auras
Aimez-vous les uns sur les autres Aimez-vous les uns les autres
Une de perdue, une de perdue (Jean-Marie Bigard) Une de perdue, dix de retrouvées
C'est au pied du mur qu'on voit le mieux le mur (Bigard) C'est au pied du mur qu'on voit le maçon
Il ne faut pas vendre la peau de l'ours, non il ne faut pas (Bigard) Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué
Au royaume des cyclopes, les borgnes sont aveugles Philippe Geluck? Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois
C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes, mais les jeunes poireaux restent collés au fond C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes
J'ai longtemps désiré être une pinte... mais malheur ! Je ne suis qu'un gobelet  
Pingouin dans les champs, Hiver méchant  
Paques aux Rabannes, Noël en cabane  
Pisse contre le vent et le vent te pissera dessus  
La Faucille et le McDo La Faucille et le Marteau
Noyeux Joel et Nonne Abbé ! Joyeux Noël et Bonne année
Tant va la cruche à l'eau qu'a la fin tu m'les brises (Les Inconnus) Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se brise
Qui pisse contre le vent se rince les dents (proverbe breton)  
Horizon pas net, reste à la buvette (proverbe breton)  
Si tu vois quelqu'un ne rien faire, aide le ! le travail c'est sacré faut pas y toucher  
Le travail c'est la santé ! Rien faire, c'est la conserver (Boris Vian)  
Un verre, ça va, trois verres, ça va, ça va, ça va, ... Un verre, ça va, trois verres, bonjour les dégâts
L'homme sage apprend de ses erreurs. l'homme encore plus sage apprend des erreurs de... insérer un nom ici.  
La semaine du travailleur a sept jours, la semaine du paresseux a sept demains.  
Qui se gratte les choses et en sent 4, saura que son ennemi est derriere lui  
Tempête en décembre, t'en chies en janvier  
Vox Populis, populis Stupida Vox Populis (la voix du peuple)
Qui sème le vent, joue de la trompette Qui sème le vent, récolte la tempête
Bien mal acquis ne profiteroles. Bien mal acquis ne profite jamais.
Qui trop embrasse a mal aux reins Qui trop embrasse mal étreint
Noël en aout, Pâté en croûte. Noël au balcon, Pâques au tison
Pastis du matin, pastis quand même (Dubosc)
tous les chemins mènent au rhum (proverbe breton) tous les chemin mènent à Rome

70

Faribole

Ce que l'on raconte est jugé dépourvu de tout fondement.

71

Gémination

En phonétique, la gémination est une unité suprasegmentale consistant en un redoublement de consonne, qui possède ainsi une durée accrue perceptible à l'oreille. C'est un cas particulier de la quantité consonantique longue car on dit d'une consonne qu'elle est géminée quand, phonologiquement parlant, la consonne longue est répartie entre la fin (ou coda) d'une syllabe et le début (ou attaque) de la syllabe suivante. Par exemple, dans un mot qu'on analyserait [kalla], la consonne /l/ serait géminée dans un découpage en syllabes [kal.la]. Une consonne géminée ne peut donc pas apparaître dans un monosyllabe.

En API, les géminées sont le plus souvent notées par un symbole doublé, ce qui les distingue des consonnes longues, dont le symbole est suivi par le [ː] habituel.

La gémination n'est généralement pas phonologique et ne permet pas de constituer des paires minimales : elle est le plus souvent paralinguistique et correspond, le cas échéant, à un accent d'insistance (« c'est terrifiant ! » réalisé ['tɛʁʁifiɑ̃]) ou répond à des critères d'hypercorrection (on corrige, en dépit de la phonologie, sa prononciation pour être plus proche d'une prononciation qu'on croit plus correcte : ainsi illusion qu'on prononcerait [illy'zjɔ̃] par influence de la graphie).

On trouve cependant des utilisations phonologiques de la gémination, en italien par exemple, où elle est combinée à une certaine répartition de la durée phonétique : fata /'fata/ ['fa:ta] « fée » ~ fatta /'fatta/ ['fat:ta] « faite ».
En français, on peut couramment distinguer par la gémination des énoncés comme Elle a dit ~ Elle l'a dit /ɛladi/ ~ /ɛlladi/. Dans une prononciation plus soutenue, la gémination permet de distinguer le conditionnel (et éventuellement le futur) de l'imparfait : courrais ~ courais /kurrɛ/ ~ /kurɛ/ ou encore l'indicatif du subjonctif comme dans croyons ~ croyions /-j-/ ~ /-jj-/.

72

Glossolalie

Apparemment composé dans une langue étrangère (mais inconnue), un texte est pourvu de sens par le locuteur.

73

Glossomanie

Un texte dépourvu de tout sens a l'air d'avoir été composé dans une langue étrangère.

74

Gradation

La gradation est une figure de rhétorique consistant en une succession d'expressions allant par progression croissante ou décroissante. Elle crée un rythme dans la phrase et persuade par la beauté de la musique des mots.


Exemple
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles, / Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles ! (Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand).

75

Hendyadyn (hendyadys)

Un hendiadys ou hendiadyin est une figure de rhétorique qui consiste à remplacer la subordination entre deux mots par une coordination. Ce mot vient du grec hen dia duoin qui signifie « un par deux ».

Exemples :

« Penché sur l'onde et sur l'immensité. » (Hugo)
« Peto auxilium et vestras manus » Je demande de l'aide et vos mains. Cicéron, Tusculanes, II, 37 - 41
« Respirer l'air du lac et la fraîcheur » (Jean-Jacques Rousseau, Cinquième promenade)

76

Homéoarchton

Rapprochement deux mots identiques par leur début : Le débat débutait chez les passagers: qui, du jeune débile ou du vieux débris, débitait le plus d'âneries ?

77

Homéotéleute (f)

Répartition d'un même son à la fin d'une phrase ou des membres d'une phrase. Exemples : "miraculeuse" / "merveilleuse" ; "étonnante" / "surprenante".

78

Homosyntaxisme

Si l'on appelle V le verbe, A l'adjectif et S le substantif, et qu'on remplace chacun des verbes, adjectifs et substantifs d'un certain extrait des" Enfants du Limon" de Raymond Queneau par leur lettre correspondante, on peut alors écrire ce passage de la façon suivante :
VVSSSSASSASSVVSSSVSVASASVSASSSSVVSSASSV.

79

Hypallage

L'hypallage est un procédé de rhétorique par lequel on attribue à certains mots d'une phrase ce qui convient à d'autres.

Un exemple d'hypallage consiste à dire « rendre quelqu'un à la vie » à la place de « rendre la vie à quelqu'un ».

Plus souvent qu'autrement, l'hypallage consiste en une inversion des termes qualitatifs. exemples : «Enfoncer son chapeau dans sa tête», comme le cite Littré ; « Un vieil homme en or avec une montre en deuil », Prévert.

Il est à noter que l'hypallage ne sème pas la confusion quant au sens de la phrase. Il s'agit là d'un jeu esthétique. Autrement, sans l'apport du jeu, il s'agit d'une erreur. Du Marsais donne comme exemple: « Sa correspondance comprend la première partie du livre ». C'est une erreur et non pas une hypallage.

L'hypallage propose des jeux intéressants dans un texte littéraire parce qu'elle permet, sans perdre le sens véritable de la phrase, de lui conférer des éléments nouveaux.
Exemple dans Phèdre de Racine (Acte IV, scène 1) : « Phèdre mourait, Seigneur, et sa main meurtrière / Éteignait de ses yeux l'innocente lumière. » (pour « la lumière de ses yeux innocents »).

80

Hyperbate

L'hyperbate ou inversion est un procédé de rhétorique qui consiste à intervertir l'ordre naturel/habituel des mots, sans pour autant commettre de faute grammaticale. Exemple : une fleur jolie. C'est une figure rare en français, où l'ordre des mots est signifiant, plus fréquente dans les langues flexionnelles (langues slaves, latin, grec).

Un exemple en français est néanmoins donné par ce vers :

Et les Muses de moi, comme étranges, s'enfuient (Du Bellay).
On parlera aussi d'hyperbate au niveau du discours : lorsque la conclusion précède le développement, par exemple.

81

Hyperbole

L'hyperbole (du grec hyperbolê, de hyper, « au-delà », et ballein, « jeter ») est une figure de rhétorique consistant à amplifier un énoncé. C'est la principale figure de l'exagération.

Exemple
« La liberté, c'est le bonheur, c'est la raison, c'est l'égalité, c'est la justice, (…), c'est votre sublime Constitution ». Camille Desmoulins
Ainsi, la phrase « Je meurs de faim » est une hyperbole.

82

Hypotypose

L'hypotypose est une figure qui se fonde sur l'animation d'une description et qui est destinée généralement à faire voir au lecteur quelque chose. L'hypotypose permet de se représenter une scène ou un objet.

83

Ironie

L'ironie est avant tout une forme humoristique qui consiste à dire l'inverse de ce que l'on pense, tout en rendant évident que ce que l'on dit est en désaccord avec ce que l'on pense.
Dans la littérature, l'ironie est l'art de se moquer de quelqu'un ou de quelque chose en vue de faire réagir un lecteur, un auditeur ou un interlocuteur. Il est en outre utilisé dans l'objectif de dénoncer, de critiquer quelque chose ou quelqu'un. Pour cela, le locuteur décrit souvent la réalité avec des termes apparemment valorisants, dans le but de la dévaloriser. L'ironie invite donc le lecteur ou l'auditeur, à être actif pendant sa lecture ou son audition, à réfléchir et à choisir une position.

Caractéristiques
L'ironie verbale est ainsi souvent employée dans des textes et discours argumentatifs et critiques. L'auteur utilise alors différents procédés de style :

l'antiphrase : dire le contraire de ce que l'on pense, en le montrant d'une manière évidente. (ex : « Ah ! Tu es propre ! Regarde toutes ces taches ! »)
l'hyperbole : exagérer ses propos. (ex : « Il est grand, gigantesque. »)
la litote : dire peu pour suggérer beaucoup, fausse atténuation. (« Vas, je ne te hais point » = je t'aime)
la parodie : imitation pour se moquer.
la pastiche : imitation d'une personne, d'un style, d'une profession... pour se moquer.
L'ironie se caractérise aussi par : la typographie, la ponctuation (points d'exclamation récurrents, questions rhétoriques, points de suspension, parenthèses, guillemets...), l'intonation...
L'emphase.
Quelques genres littéraires où l'ironie est omniprésente :

le conte philosophique (ex : Voltaire)
le roman épistolaire (ex : Montesquieu)
la satire (ex : Bossuet)
le pamphlet (ex : Voltaire)
la critique littéraire
l'article, l'article de presse (ex : Diderot)
l'essai (ex : Montaigne)
la fable (ex : La Fontaine)
le dialogue, le monologue (théâtre) (ex : Molière)
l'autobiographie, les mémoires (ex : Rousseau, St Simon, Ste Beuve) L'ironie est une figure très courante qui consiste à affirmer le contraire de ce que l'on veut faire entendre.

84

Isocolons

On trouve plus d'une fois la même longueur de membre de phrase.

85

Janotisme

En rhétorique, le janotisme est la construction maladroite et équivoque d'une phrase : J'ai acheté un gigot chez le boucher qui était gros, on ne sait alors si c'est le boucher ou le gigot qui était gros.

86

Kakemphaton

En rhétorique, le kakemphaton est une figure de mots qui consiste en un jeu de mot, souvent un calembour ou apparenté, réalisé involontairement. Exemples :«Je suis romaine hélas (Ménélas), parce que mon époux l'est (poulet)» (Corneille, Horace)  «Vous me connaissez mal : la même ardeur me brûle | Et le désir s'accroît quand l'effet se recule (les fesses reculent)» (Jean Racine, Polyeucte). N'êtes-vous point_étonné (têtonné)?

87

Language à double-fond

Cache-t-on sa réponse dans un énoncé qui n'a rien à voir avec celle-ci, ex : De quelle nationalité? --- Je suis totalement incapable de vous le dire. (Allemand).

88

Lieux communs

En rhétorique, les lieux communs, ou topoi en grec, sont un fonds commun d'idées ou de traitements d'une idée qui est à la disposition de tous et dont la valeur persuasive est traditionnellement reconnue, pour des raisons esthétiques, parce qu'ils sont fertiles dans le domaine de l'invention (voir Rhétorique), ou parce qu'ils font partie des idées couramment admises par l'auditoire et peuvent par là renforcer son adhésion. L'orateur (mais aussi l'auteur d'écrits) peut, et même doit y recourir, mais il lui faut trouver le moyen de les présenter d'une manière personnelle et appropriée à la situation.

Dans le langage courant, cette expression a pris un sens péjoratif et désigne le recours à des idées maintes fois répétées, usées et creuses. On dira ainsi : « Ce discours est un tissu de lieux communs, aucune invention, rien de personnel ! »

89

Lipogramme

Un lipogramme est un texte d'où sont délibérément exclues certaines lettres de l'alphabet. La notion a été inventée au sein de l'Oulipo. Le mot lipogramme vient des racines grecques leipein (enlever, laisser) et gramma (lettre).

Les lipogrammes littéraires les plus célèbres sont les romans de Georges Perec, La Disparition, écrit sans utiliser la lettre e, et Les Revenentes, dans lequel e est au contraire la seule voyelle utilisée ! Aussi incroyable que cela paraisse, La disparition a été traduit en anglais et en espagnol, et Les revenentes a été traduit en anglais, et leurs traductions sont aussi des lipogrammes ! En espagnol, cependant, du fait de contraintes liées à la langue, la traduction de La disparition omet non pas le e mais le a.

Un lipogramme qui n'utilise qu'une des cinq voyelles de l'alphabet, s'appelle un « monovocalisme ». Et celui qui en utilise seulement deux, un « bivocalisme ».

On appelle « lipogrammatiste » un écrivain utilisant un tel procédé. Perec affirme que le plus vieux lipogrammatiste est un certain Laos d'Hermione (VIe siècle av. J.-C.) qui composa deux poèmes sans utiliser la lettre sigma.

Lorsque ni les claviers d'ordinateur ni les imprimantes ne possédaient de lettres accentuées, on s'efforçait parfois de rédiger des présentations en lipogrammes excluant ces dernières. La concision n'y gagnait certes pas, mais l'exercice se révélait certainement stimulant.

La plupart des langues artificielles sont en fait des lipogrammes. D'abord deux exemples : en portugais, le b et le v se confondent à l'oreille ; en chinois, le r n'existe pas. Une nouvelle langue espérant attirer ces clients potentiels éliminera celles-là... ou d'autres. Inconvénient : les racines d'origine des mots sont alors moins apparentes. On peut dans ce cas considérer même que tout langage, quel qu'il soit, est lipogrammatique : l'hébreu n'utilise pas les lettres de l'alphabet glagolitique, les langues latines n'utilisent pas les hiéroglyphes, etc.

Tout le texte précédent est par exemple un lipogramme en « k », « w » et « z ».

90

Litote

En rhétorique, la litote est une figure de sens qui consiste à dire moins pour faire entendre plus, le verbe étant souvent à la forme négative. Comme l'euphémisme, la litote peut servir l'ironie.
Exemple : l'énoncé « Il n'est pas laid. » pour dire « Il est beau. » est une litote.

91

Macrologie

Le sens revient mais avec une autre phrase et en d'autres termes, ex : N'avez-vous pas honte? murmure-t-il. Scandale! s'écrient en choeur les passagers.

92

Métaphore

La métaphore est une figure de style implicite. C’est une comparaison sans outil de comparaison. Elle associe deux sèmes afin de créer une certaine image, une correspondance inédite impossible dans la realité. Ainsi, la métaphore remplace un mot A par un mot (ou une courte expression) B :

A et B ont un point commun
mais A n'est pas explicité (A a disparu : il est remplacé par B)
le point commun entre A et B n'est pas explicité
il n'y a aucun mot-outil signalant la comparaison.
La métaphore n'est donc pas toujours immédiatement compréhensible : le lecteur doit deviner la relation que l'auteur a établie ; du coup, le lecteur découvre la manière de voir de l'auteur. La métaphore joue avec le langage et c’est grâce à un effort d’interprétation que le lecteur perçoit une ressemblance entre ses deux termes. Par exemple, dans le phrase suivante de Norge: « L’aurore est un cheval (qui s’ébrouant, chasse au loin les corneilles) », l’aurore et le cheval sont respectivement le comparé et le comparant
3 types :
La métaphore annoncée ou continuée : réalisée lorsque les deux termes présents dans l’énoncé, le comparé et le comparant, sont liés grammaticalement.
Exemple: “Je me suis baigné dans le poème de la mer” Arthur Rimbaud

La métaphore directe : il manque du comparé et de ce fait le passage d’une réalité à l’autre n’est pas annoncé directement.
Exemple: “Et les thermomètres eux-mêmes regagnaient l’ombre en couinant” ou “des mains frisées couraient de toutes parts sur la neige”.

La métaphore filée : développée au cours d’un texte est une suite de métaphores engendrées par une métaphore principale. 

Exemple dans Les Fleurs du Mal de Baudelaire :
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux. [...]

93

Métaplasme

En rhétorique, on nomme métaplasme toute modification phonétique ou morphologique qui altère l'intégrité d'un mot par addition, suppression, substitution ou permutation (soient les quatre opérations fondamentales qu'a bien décrites le Groupe µ) d'unités (phonétiques ou morphologiques).

Les métaplasmes sont décrits en détail dans les articles qui leur sont consacrés.

Sommaire
1 Métaplasmes par addition
2 Métaplasmes par suppression
3 Métaplasmes par fusion
4 Métaplasmes par déplacement ou permutation
5 Articles connexes

 Métaplasmes par addition 
prosthèse : ajout d'un ou plusieurs phonèmes en début de mot ;
paragoge (et phonème éphelcystique, liaison) : ajout d'un ou plusieurs phonèmes en fin de mot ;
anaptyxe : insertion d'un phonème vocalique entre des consonnes ;
épenthèse : insertion d'un phonème vocalique ou consonantique entre des consonnes ;
diérèse : séparation d'une syllabe en deux par vocalisation d'une spirante ;

 Métaplasmes par suppression 
syncope (et hyphérèse) : suppression d'une syllabe complète ;
apocope (et élision) : suppression d'un ou plusieurs phonèmes à la fin du mot ;
aphérèse (et élision inverse) : suppression d'un ou plusieurs phonèmes au début du mot.
Toutes ces suppressions sont des amuïssements.

 Métaplasmes par fusion 
Quand deux voyelles sont en hiatus, leur fusion est une synalèphe par :

contraction ;
crase ;
synérèse ;
kṣaipra ;
synizèse ;
coalescence.

 Métaplasmes par déplacement ou permutation 
métathèse : permutation d'un ou plusieurs phonèmes plus ou moins proches ;
métathèse de quantité : permutation de la quantité vocalique de voyelles en contact.
anagramme : procédé littéraire de permutation de lettres.
contrepèterie : anagramme étendu à une phrase.

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Métonymie

La métonymie (du grec metônumia, « changement de nom ») est une figure de rhétorique par laquelle un concept est dénommé à partir d'un mot désignant un autre concept. Il existe donc une relation obligée comme la cause pour l'effet, la partie pour le tout, ou le contenant pour le contenu.

La métonymie remplace un mot A par un mot (ou une courte expression) B :
A « englobe » souvent B ou le contraire (les grammairiens l'appellent alors « synecdoque »), mais il peut n'y avoir qu'un rapport logique entre A et B.
A n'est pas explicité (il a disparu : il est remplacé par B)
de même, la relation entre A et B n'est pas explicitée
en outre, il n'y aucun mot-outil signalant l'opération.
De manière simplificatrice, on peut dire que la métonymie consiste à remplacer le tout par la partie : dire « une lame » pour désigner un couteau ou un escrimeur (« c'est une fine lame »), dire « une voile » pour désigner un voilier... Cette figure est très fréquente dans le langage courant, car elle est « économique » : elle permet une expression courte et frappante.

Exemples
B est une partie de A (synecdoque) : Toutes les gueules noires se rassemblèrent.
B est le contenant de A : Ils burent chacun un verre ensemble.
B est la matière dont est fait A : Par ce temps-là, mieux vaut mettre une petite laine.
B est l'auteur de A : Je ne me lasserai jamais de lire un Zola ou un Maupassant.
B est joué par A : Alors le premier violon de l'orchestre attaqua son solo.
B est utilisé par A : Mon père est une sacrée fourchette !                                           

« boire la mort » pour « boire le poison »), ou de contenant à contenu (exemple : « boire un verre » pour « boire le contenu d'un verre ») ou encore de partie à tout (exemple : « une lame » pour dire « une épée »).

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Mot-valise

Le mot-valise est un jeu de mots qui consiste à prendre deux mots ayant une partie commune et à les mêler pour faire un néologisme. Au contraire de la composition et de la dérivation, dans la création d'un mot-valise les constituants de départ s'étant télescopés ils ne sont plus entièrement reconnaissables. Le processus de fusion utilisé consiste le plus souvent en une haplologie : la partie commune des deux mots n'est pas répétée. D'autres fois, c'est une syllabe d'un des mots qui est simplement oblitérée.

Ainsi :

squatter + heureux-se → squatteureux-se (au lieu de squatterheureux-se) ;
escalator + torpille → escalatorpille (au lieu d'escalatortorpille) ;
serpent + pantalon → serpentalon (au lieu de serpentpantalon).
La création de mots-valises permet un nombre illimité de combinaisons, ce qui ne peut manquer de séduire les écrivains et les passionnés de jeux de langage :

milichien : chien policier ;
primaturé : singe né avant terme ;
chérisson : être dont on aime le charme piquant ;
pousstache : moustache ayant poussé ;
mahominette : jeune fille voilée ;

En linguistique, le terme peut être utilisé comme synonyme plaisant de forme contractée (forme unique issue de deux lexèmes qu'on ne peut plus reconnaître : à + le → au, de + les → des, etc.).

L'équivalent anglophone de « mot-valise » est Portmanteau

Le but : "enrichir la langue lutter contre les dictationnaires" Bruno San Marco

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Mirage

Il s'agit d'une perception déformée par les apparences

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Néologisme

Le néologisme (du grec νέος néos « nouveau » et λόγος lógos « mot ») est un nouveau lemme (ou la création d'un nouveau lemme) apparaissant dans le lexique d'une langue, construit (par dérivation, dérivation impropre, composition lexicale, acronymie, abréviation, utilisation d'un mot-valise, etc.) et non hérité d'un état plus ancien de la langue. Le néologisme peut avoir un auteur, au contraire des mots hérités.

Le néologisme est considéré comme tel tant qu'il est encore mal lexicalisé, soit qu'il apparaisse trop récent aux oreilles des locuteurs, ou bien qu'il soit d'usage limité (à un jargon, un sociolecte, etc.). S'il se maintient dans le lexique (et n'est pas seulement un effet de mode), les locuteurs n'auront, au bout d'un temps variable, plus l'intuition de sa nouveauté. C'est quand le néologisme est acquis par un assez grand nombre de locuteurs qu'on peut dire qu'il est lexicalisé. Dans ce cas, il commence généralement par être admis par certains dictionnaires. Il convient de se rappeler que ceux-ci ne font que représenter l'usage : ce n'est pas parce qu'un dictionnaire accepte un néologisme que celui-ci est, ipso facto, lexicalisé mais l'inverse.

Une marque de fabrique, commerciale, ou de service peut n'être constituée que d'un simple dessin. Mais lorsque des lettres sont utilisées, la loi française interdit l'usage de termes usuels. Cela conduit à la création de néologismes.

Exemples de néologismes
Informatique : mot-valise créé à partir d'information et automatique. Le mot est maintenant parfaitement lexicalisé ;
autobus : mot-valise crée sur automobile et bus, ancienne désinence latine lexicalisée par métanalyse puis hypostase à partir d'omnibus. Le mot est maintenant lui aussi parfaitement lexicalisé et le suffixe bus permet de construire d'autres néologismes comme abribus ;
abracadabrantesque : adjectif dérivé de abracadabra, utilisé pour la première fois par Arthur Rimbaud « Ô flots abracadabrantesques, / Prenez mon cœur qu'il soit sauvé » (« Le cœur volé » dans Poésies) ;
alunir, par changement du radical de atterrir ;
e-commerce, pour le commerce consacré exclusivement à Internet ; le e de électronique est ajouté à commerce comme dans e-mail, « courrier électronique » (anglicisme).
logiciel, baladeur, VTT (vélo tout terrain) sont des néologismes créés par les commissions ministérielles de terminologie pour lutter contre le franglais.

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Oxymore (oxymoron)

Un oxymore (ou oxymoron), ou une alliance de mots, est une figure de rhétorique. Deux mots désignant des réalités contradictoires sont étroitement liés par la syntaxe. En exprimant ce qui est inconcevable, le poète crée ainsi une nouvelle réalité poétique.

Le terme oxymoron provient du grec oxumôron (de oxus « aigu » et môros, « sot, fou »).

Exemples :

« Je sais que c'est la coutume / D'adorer ces nains géants. », Victor Hugo
« Cette obscure clarté qui tombe des étoiles. », Pierre Corneille
« Je la comparerais à un soleil noir, si l'on pouvait concevoir un astre noir versant la lumière et le bonheur », Baudelaire
« Un silence assourdissant ».
Exemple particulièrement sophistiqué :

« Une chute sans gravité »
Un procédé grinçant et répandu consiste à affecter de considérer comme oxymore une expression qui ne cherche pas à l'être, par exemple : musique contemporaine, cuisine anglaise, intelligence économique, culture américaine, homme politique, art moderne, développement durable, etc.

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Palindrome

Un palindrome est une suite de signes graphiques (lettres, chiffres, symboles...) qui peut se lire de gauche à droite et de droite à gauche (pour les mots français, on ne tient généralement pas compte des accents). Lorsque le palindrome est constitué de plusieurs mots, le découpage en mots peut varier selon le sens de lecture.

Du grec palin (nouveau) et dromos (course). Aussi appelé autrefois: Sotadiques, du poète grec Sotades (300av. J.-C.) qui passe pour les avoir inventés.

À ne pas confondre avec un anacyclique dans lequel la lecture de droite à gauche donne un mot différent de celui obtenu par une lecture de gauche à droite (exemple : Trace qui donne Ecart).

Le plus long palindrome jamais inventé est probablement celui de Georges Perec, qui comprend 5 566 lettres, soit le produit de la multiplication palindromique 11*23*2*11.

Honneur à une langue indienne, le malayalam, parlé dans l'état de Kerala.

En français

Noms communs palindromiques de 5 lettres : radar, rêver, rotor et kayak. Si l'on admet les pluriels, on peut y ajouter sèmes, sèves, sexes, etc.
À Laval, elle l'avala.
À l'étape, épate-la ! (Louise de Vilmorin)
Bon sport, trop snob.
Eh, ça va la vache ? (Louise de Vilmorin)
Elu par cette crapule.
Emile Eric, notre valet, alla te laver ton ciré élimé.
Engage le jeu, que je le gagne !
Esope reste ici et se repose.
Et la marine va, papa, venir à Malte (alexandrin attribué à Victor Hugo).
Et Luc colporte trop l'occulte.
Et se resservir, ivresse reste.
L'âme sûre ruse mal (Louise de Vilmorin)
L'ami naturel ? Le rut animal. (Louise de Vilmorin)
La malade pédala mal.
La mariée ira mal.
Léon, émir cornu, d'un roc rime Noël. (Luc Etienne)
Léon a erré à Noël.
Léon a rasé César à Noël.
Réussir à Paris : suer.
Sévère mal à l'âme, rêves. (Luc Etienne)
Sexe vêtu, tu te vexes (Luc Etienne)
Suce ses écus. (Louise de Vilmorin)
Ta belle porte s'use trop, elle bat.
Trace là mon nom à l'écart.
Tu l'as trop écrasé, César, ce Port-Salut !
Un roc lamina l'animal cornu.

Quelques prénoms : Eve, Anna, Hannah, Ada, Bob, Otto...
Quelques villes : Laval, Noyon, Sées, Senones.
Une rivière : Erdre.

En latin

Signa te, signa ; temere me tangis et angis ? « Signe-toi et signe, ne te rends-tu pas compte que tu me serres et m'étrangles ? »
Roma tibi subito motibus ibit amor. « À Rome, l'amour, soudain, te viendra. »
Si bene te tua laus taxat, sua laute tenebis. (Pline)
In girum imus nocte et consumimur igni.
« Nous allons en rond dans la nuit et nous sommes consumés par le feu.»
Sole medere pede ede perede melos (Ausone)
Odo tenet mulum, madidam mappam tenet Anna Anna tenet mappam madidam, mulum tenet Odo (William Camden)
Sator arepo tenet opera rotas. « Le semeur Arepo tient sa roue avec difficulté. »
Ce palindrome est aussi un carré magique dissimulant un cryptogramme se lisant « Pater noster » :
SATOR
AREPO
TENET
OPERA
ROTAS

En grec

Νίψον aνοήματα μn μόναν oψιν. « Lave mes péchés et non mes seuls yeux. ».

En allemand

Nur du, Gudrun.
« Rien que toi, Gudrun. »
Ein Neger mit Gazelle zagt im Regen nie.
« Un nègre avec une gazelle n'hésite jamais sous la pluie. »

En anglais

Madam, in Eden I'm Adam. « Madame, dans l'Eden je suis Adam. »
A man, a plan, a canal: Panama.
Able was I ere I saw Elba.
I prefer Pi.
Rats live on no evil stars

En espagnol

Amo la pacifica paloma. « J'aime la colombe pacifique. »
Dabale arroz a la zorra el abad.

En finnois

Saippuakauppias.
« Marchand de savon. »
Isä, älä myy myymälääsi. « Papa, ne vends pas ton magasin. »

En hongrois

Géza, kék az ég. « Géza, le ciel est bleu. »

En estonien

Aias sadas saia. « Dans le jardin, il pleuvait du pain blanc. »

En japonais
Les palindromes sont dénommés kaibun :
Shinbun shi. (shi n bu n shi) « Papier journal ».
Takeyabu yaketa. (ta ke ya bu ya ke ta) « Le bosquet de bambou a brûlé ».
Note : les transcriptions en caractères latins ci-dessus ne sont pas symétriques, mais en japonais, chaque syllabe correspondant à un seul caractère, il s'agit bien de palindromes (
しんぶんし & たけやぶやけた).

En coréen
Les palindromes sont dénommés huimunche ogu :
Saingson sonsaing. (Saing son son saing) « Le professeur Poisson. »
Note : même remarque que pour le japonais

En espéranto

Ne mateno, bone tamen. (Pas le matin me conviendra cependant)
La vedo celas: ne malsatas lam' en saleco de val'.

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Pangramme

Un pangramme (du grec pan : « tous » et gramma : « lettre ») est une phrase comportant toutes les lettres de l'alphabet : c'est la forme extrême du tautogramme. Avec un peu d'ingéniosité, il est facile d'en créer sur le modèle des phrases réflexives : Jugez que ce texte renferme l'alphabet, dix voyelles, k et w. (Thérèse Amiel) Portez ce whisky au vieux juge blond qui fume.

Un pangramme ne peut évidemment comporter moins de 26 lettres (42 si l'on compte les lettres accentuées et diphtongues : à, â, é, è, ê, ë, î, ï, ô, ö, ù, û, ü, ç, æ et œ). Si l'on peut atteindre la limite théorique en recourant massivement aux abréviations et sigles, le talent consiste à construire une phrase cohérente la plus courte possible, sans lettres solitaires, ni abréviation ou sigle. Le chef d'œuvre du genre est un pangramme de 37 lettres seulement, parfaitement sensé et, de plus, alexandrin : Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume.

Ce pangramme a été parfois attribué à Georges Perec — célèbre membre de l'Oulipo, ou peut-être membre qui a aidé l'Oulipo à devenir célèbre. Il était cependant paru en 1957 dans l'édition belge du journal de Mickey (et attribué à un personnage imaginaire du journal nommé Eega Beeva), ce qui invalide sans doute la piste Perec, celui-ci n'ayant à l'époque que 21 ans. L'article faisait également remarquer que chaque consonne n'y était utilisée qu'une seule fois !
Exemples de pangrammes
Voici d'autres pangrammes, littérairement plus ou moins réussis. Seules sont retenues des phrases ayant (à peu près) un sens, sans nom propre ni abréviation et correctement accordées. La première — franchement inepte ! — est utilisée comme phrase de démonstration de certaines polices typographiques :
Voix ambiguë d'un cœur qui, au zéphyr, préfère les jattes de kiwis. (Anonyme) (53)
Voyez ce jeu exquis wallon, de graphie en kit mais bref. (Caroline Vaillant) (45)
Prouvez, beau juge, que le fameux sandwich au yak tue. (Richard Barbeau) (42)
Vieux pelage que je modifie : breitschwanz ou yak ? (Frédéric Schmitter) (40)
Fougueux, j'enivre la squaw au pack de beau zythum. (Richard Barbeau) (40)
Ketch, yawl, jonque flambant neuve... jugez des prix ! (Laurent Chaussard) (40)
Le moujik équipé de faux breitschwanz voyage. (Gilles Esposito-Farèse) (38)
Jugez qu'un vieux whisky blond pur malt fonce. (Renaud Lavigne) (37)
Faux kwachas ? Quel projet de voyage zambien ! (Gilles Esposito-Farèse) (36)
Kiwi fade, aptéryx, quel jambon vous gâchez ! (Gilles Esposito-Farèse) (35)
Fripon, mixez l'abject whisky qui vidange. (Jean-Luc Piédanna) (34)
Vif juge, trempez ce blond whisky aqueux. (Jean-Luc Piédanna) (33)
Vif P-DG mentor, exhibez la squaw jockey. (Jean-Luc Piédanna) (32)
Juge, flambez l'exquis patchwork d'Yvon. (Thérèse Amiel) (32)
Perchez dix, vingt woks. Qu'y flambé-je ? (Frédéric Schmitter) (30)
Il semblerait qu'on ne pût créer un pangramme de moins de 30 lettres qu'en rendant la phrase inintelligible — ce n'est donc plus du français ! — et les pangrammes de moins de 28 lettres, envahis d'abréviations, de noms propres ou de sigles, n'ont guère de sens :
Whisky vert : jugez cinq fox d'aplomb. (OuLiPo) (29)
Jerk ! zig vint : body, phlox, musc, waqf. (Pascal Kaeser) (28)
Clown au QG : rythmez dix kJ BF, SVP. (Renaud Lavigne) (26)

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Parabole

Une parabole est une figure de rhétorique, consistant en une courte histoire qui utilise les évènements quotidiens pour illustrer une morale ou une doctrine. Par exemple, cette figure est utilisée abondamment dans les Évangiles chrétiens.

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Parodie

On rapproche son style de celui d'un autre écrivain par dérision.

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Parallèle

On rapproche deux choses à la faveur de ce qu'elles ont de commun en l'explicitant, ex : On peut considérer les deux épisodes successifs comme semblables. Le jeune homme y entre en relation avec son interlocuteur sur un mode affectif marqué (agressivité /cordialité), mais il capitule presque aussitôt (fuite/conseil reçu).

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Parallélisme

Le parallélisme est une figure de rhétorique qui consiste à juxtaposer ou à coordonner deux phrases ou membres de phrase (en poésie, parfois, deux vers) ayant une structure identique. Le parallélisme est souvent fondé sur une antithèse. La figure correspond à : A B, A' B'. Exemple : "L'ironie blesse, l'humour guérit, L'ironie peut tuer , l'humour aide à vivre, L'ironie veut dominer, l'humour libère, L'ironie est impitoyable, l'humour est miséricordieux, L'ironie est humiliante, l'humour est humble" (Comte-Sponville, Petit traité des grandes vertus), (sonore: on établit une correspondance entre les éléments de phrase du point de vue des sons, ex : Bretelle de dentelles)

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Paranomase

En rhétorique, la paronomase est une figure de mots qui consiste en un rapprochement de paronymes, c'est-à-dire des mots ayant une ressemblance dans leur prononciation (par ex : antipathie, empathie ; précipiter, précisément) mais une signification différente, dans un même énoncé. Exemples : « Qui vole un œuf vole un bœuf »  « Qui vivra verra. » ou encore « Tu parles, Charles ! » "Ce débile a laissé une impression indélébile" . La paronomase utilise des paronymes (des mots qui se ressemblent par leurs sons). (APPROXIMATION PARONYMIQUE = Accumulation des paronymes sans retrouver la forme exacte : Ton copain Cruzalié, Crousapied... --- Cordelier. --- C'est ça)

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Paronyme

Deux mots sont presque de même prononciation.

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Parasynonyme

Il s'agit d'un synonyme imparfait, ex : Un individu quelconque, effacé, discret.

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Parataxe

La parataxe est une forme d'asyndète qui consiste à juxtaposer deux propositions qui devraient être unies par un rapport syntaxique de subordination. (absence de subordination entre les propositions)

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Pastiche

Il s'agit d'imiter en les dénudant les artifices d'un auteur.

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Période

En rhétorique, la période est une phrase soignée et d'une certaine ampleur, dont le rythme et, éventuellement les sonorités, donnent l'impression d'un cycle, un sentiment de complétude, à la manière d'une phrase musicale, dont la fin se laisse pressentir — on attend la cadence.

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Périphrase

La périphrase est une figure de rhétorique.

La périphrase remplace un mot A par une expression B :
l'expression B est composée de plusieurs mots qui soulignent l'une des caractéristiques de A (notamment en exprimant un jugement favorable ou défavorable).
A n'est pas explicité (il a disparu : il est remplacé par B)
Absence totale de tout mot-outil signalant l'opération.
La difficulté a principalement pour origine la caractéristique de A exprimée par B : même si on sait ce qu'est A, on ne sait pas forcément qu'il a la caractéristique B. (La métonymie, elle, est presque toujours facile à comprendre car, si on connaît A, on connaît très fréquemment sa caractéristique B)
En conséquence, la périphrase nécessite une bonne connaissance du sujet pour être comprise.
Exemples
Le toit du monde (mis pour l'Himalaya)
Le billet vert (mis pour le dollar)
Le roi des animaux (mis pour le lion)
L'homme du 18 juin (mis pour Charles De Gaulle)

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Périssologie

La périssologie est une figure de rhétorique qui désigne l'usage de pléonasmes sans intention littéraire. Exemple : panacée universelle, fausse perruque, au jour d'aujourd'hui…

113

Personnification

La personnification est une figure de rhétorique. C'est la description d'une chose (inanimée) sous forme d'être vivant. Elle a pour effet de transformer le monde et de le rendre animé.

Les fronts audacieux des palais romains. (Joachim du Bellay)

Une grenouille vit un bœuf (...) Envieuse, s'étend et s'enfle. (Jean de La Fontaine)

Et leur troupe à la fin se rendit familière/ Jusqu’à sauter sur l’épaule du roi . (Les grenouilles qui demandent un roi, Jean de La Fontaine). Rq: La Fontaine attribue aux grenouilles les sentiments, les passions, les actes, et les traits de l'homme, c’est donc une personnification et plus précisément de l'anthropomorphisme.

114

Pléonasme

Un pléonasme est un terme de rhétorique désignant une figure de style où on utilise plus de mots que nécessaire pour exprimer une idée et ainsi la renforcer. (quasi-pléonasme : Un mot ajoute un élément de sens malgré une apparente redondance, ex : Je l'ai attendu deux heures de temps)

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Polyptote

Un polyptote consiste à employer plusieurs formes grammaticales (genre, nombre, personnes, modes, temps) d'un même mot, dans une phrase. Exemple dans l'Oraison funèbre d'Henriette-Anne d'Angleterre de Bossuet : « [...] Madame se meurt ! Madame est morte ! [...] ». Ou encore « Tel est pris qui croyait prendre. » (= Isolexisme : Même lexie sous différents vocables : Le bouton de ce boutonneux était donc déboutonné?!, Le même mot revient sous une autre forme ou une autre fonction : Vous savez, les chaussées sont aussi déchaussées que vous êtes bien chaussé! (morphologique : on garde le même vocable tout en faisant varier les actualisations : Un autobus. Mon autobus ; syntaxique : le même vocable actualisé revient-il avec différentes fonctions grammaticales, ex : Laisse ce bouton. Tu parles avec moi, à moi... pas de moi!))

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Prétérition

La prétérition est une formule de rhétorique, consistant à parler de quelque chose en commençant par annoncer qu'on ne va pas en parler. Elle permet de dire une chose sans en prendre l'entière responsabilité.

Exemple : Je n'ai pas besoin de vous présenter monsieur Paul. Dupont, pour ne pas le nommer.
Je n'ai pas envie de vous cacher la vérité mais je préfère la garder pour moi.
Je ne vous ferai pas l'affront de vous rappeler qu'il est nécessaire de posséder un permis pour la conduite d'un véhicule moteur.

117

Prolepse

En rhétorique, la prolepse est une figure par laquelle on prévient une objection, en la réfutant d'avance. Par exemple, «Cela serait trop long à expliquer.»
En littérature, la prolepse est une figure de style par laquelle sont mentionnés des faits qui se produiront bien plus tard. « Cet hiver 1657 était notre première « mauvaise saison » et il ne fut pas des plus cléments. [...] Début avril, les jours commencèrent à rallonger sensiblement. » M. Piquenal, Le Pionnier du Nouveau Monde.
Tant sur le plan litteraire que rhétorique, on peut simplifier grossièrement le concept en disant que c'est l'opposé d'un "flash-back".

118

Prosopopée

La prosopopée est une figure de rhétorique. Elle consiste à faire parler un mort, un animal, une chose personnifiée. Elle engendre une métamorphose complète du monde, pour avoir une meilleure attention du lecteur qui n'a plus de références au monde réel, et donc le persuader plus facilement.
Exemple
Je suis la pipe d'un auteur ;/ On voit, à contempler ma mine,/ D'Abyssinienne ou de Cafrine,/ Que mon maître est un grand fumeur. (Charles Baudelaire)

119

Pseudo-langage

Il y a imitation des sons d'une langue (sans mots connus).

120

Pseudo-négation

On fait semblant de nier pour ensuite renforcer l'affirmation, ex : Ce n'était pas une dérobade, c'était de la pleutrerie.

121

Redondance

En linguistique, la redondance est la répétition inutile d'un mot, ou expression de la même idée par deux formulations différentes au sein d'une même phrase.
Exemple : «Je monte en haut».
Le pléonasme est souvent assimilé à la redondance, bien qu'il désigne originellement une figure de style consistant en une répétition effectuée pour persuader ou renforcer le sens.
Exemple : «Le corbeau honteux et confus» (de la fable, Le Corbeau et le Renard de Jean de La Fontaine)

122

Réfutation

La réfutation désigne un procédé de rhétorique qui consiste à commencer un discours en citant explicitement des thèmes ou des affirmations que l'on y exclut dans la suite. Ainsi « Chers amis, je ne vous ferai pas un long discours, mais, etc., etc. » (…).
Procédé souvent destiné à dégager la responsabilité de l'auteur des propos quant au contenu de la suite du discours : « Je ne suis pas raciste, mais je n'aime pas les noirs » constitue une utilisation caricaturale de la réfutation.

123

Répétition

La répétition est une figure de rhétorique qui consiste à utiliser plusieurs fois un mot ou une expression pour communiquer plus d'énergie au discours, pour renforcer une affirmation, un plaidoyer.

Par exemple, le personnage de Camille dans la pièce de Corneille, Horace, dans l'acte IV, scène 5:

Rome, l'unique objet de mon ressentiment
Rome, à qui vient ton bras d'immoler mon amant
Rome, qui t'a vu naître et que ton cœur adore
Rome, enfin, que je hais parce qu'elle t'honore !

124

Réticence

En rhétorique, la réticence est une figure de construction qui consiste en un énoncé inachevé dont le sens reste clair. La réticence est employée pour atténuer le sens d'une expression en laissant le soin à l'interlocuteur d'en deviner la suite. Dès lors, la réticence peut exploiter le caractère polysémique de l'énoncé.
Exemples
«Il parlait de... enfin tu auras deviné.»
«Il en a.»

125

Rime

Les différents types de rimes :

1) Rimes croisées ou alternées : ABAB.

2) Rimes embrassées : ABBA.

3) Rimes suivies, plates ou jumelles : AABB.

4) Rimes redoublées : AAA.

5) Rimes mêlées : succession libre, ex : ABBAA.

6) Rimes redoublées : répétition des mêmes mots.

7) Rimes annexées : reprise au commencement du vers suivant.

" Il faut que vous me donniez la force
La force de revenir vous voir
Vous voir en chair et en os,
En os c'est le cri du désespoir...
Désespoir... "
(Pierre BRANDAO)

8) Rimes fraternisées ou fratrisées : reprise au commencement du vers suivant, avec d’autres mots :

" Que je ne sois pas fort, admettons !
Mais ton orgueil te dépasse !
Et passes ton chemin, vil avorton,
Hors ton courroux qui me laisse de glace ! "
(Pierre BRANDAO)

9) Rimes enchaînées : reprise tout au long des vers comme une assonance.

10) Rime féminine : terminée par un e muet/caduc/féminin/sombre. Ex : mélancolie, abolie.

11) Rime masculine : autres cas. Ex : inconsolé, constellé.

12) Rime riche : quand la répétition est de 3 phonèmes ou plus. Ex : D’aller là-bas vivre ensemble ! […] au pays qui te ressemble ! (Baudelaire).

13) Rime suffisante : la répétition est de 2 phonèmes.

14) Rime pauvre : la répétition est d’une voyelle (1 phonème ne suffit pas à faire une rime).

15) Rime hétéro : Entend-on faire rimer une finale masculine avec une finale féminine de même voyelle, ex : Deux p'tits gars, A la gare.

16) Contre-rime : Il y a à la rime identité des consonnes seulement, De douleur il se tord, Mais il était trop tard, Et puis pour l'encolure, Pas encore l'heure.

17) Rime apophonique : 2 vers sont apparentés par des consonnes finales communes et des voyelles proches, ex : Conseil vestimentaire, Reçu devant la gare.

18) Rime batelée : la rime finale se retrouve à l'hémistiche. Attention : cette rime n'est pas tolérée pour l'alexandrin, elle casse l'harmonie du poème.

19) Rime couronnée : la fin du vers se termine par deux mots " forçant " la rime, comme si l'écho lui était donnée :
" Il est rentré dans un manoir noir,
Pour en ressortir plein de faiblesse... Laisse,
Il faut qu'il puisse s'asseoir, soir
Qui le voit priver d'allégresse... qu'est-ce ? "
(Pierre BRANDAO)

20) Rime double couronne : c'est la même chose que la rime couronnée, sauf que l'on retrouve l'écho également à l'hémistiche ou à la césure principale du vers.

21) Rime empérière ou impératrice : elle reprend l'idée de la rime couronnée, mais la syllabe servant de rimes apparaît trois fois au lieu de deux.

22) Rime équivoque : il s'agit de rimes de mots divisés en deux : rimailleurs pour rimes ailleurs, la Tour Magne à Nimes pour la tour magnanime, étonnant pour et tonnant, rêvassez pour rêve assez, etc...

23) Rime senée : Tous les mots composant le vers commencent par la même lettre.

24) Rime kyrielle : C'est la reprise d'un vers à la fin d'une strophe pour obtenir un effet de quatrain.

25) Rime rétrograde : Elle n'est pas évidente à réaliser. Le but est de construire un texte dont le sens et l'harmonie ne seraient pas altérés s'il était lu de façon inversée. Ex :

" Triomphalement cherchez honneur et prix,
Désolés cœurs, méchants infortunés,
Terriblement êtes moqués et pris. "

" Prix et honneur cherchez triomphalement,
Infortunés méchants, cœurs désolés,
Pris et moqués êtes terriblement. "

(Gilles Sorgel - traité de prosodie)

26) Rime brisée (ou vers brisés, ou vers rapportés) : le vers est divisé en deux, les deux hémistiches ne riment pas forcément entre eux mais avec les hémistiches des vers suivants ; les différentes parties pouvant présenter un sens différent de celui de l'ensemble :
" Que je sois roi,        Que tu sois reine,
    Que je sois proie,        Proie de ta haine,
      Tout cela n'amène qu'en moi
        Un désir extrême
      Celui qui cause un désarroi
        De dire je t'aime ! "
(Pierre BRANDAO)

27) Rimes orpheline : Il existe au moins trois mots qui ne riment avec aucun autre mot de la langue française : "belge", "pauvre" et "quatorze".

28) Holorimes : les rimes s’étendent sur tout le vers. Ex :

Je t'attends samedi, car Alphonse Allais, car
A l'ombre, à Vaux, l'on gèle. Arrive. Oh ! la campagne !
Allons - bravo ! - longer la rive au lac, en pagne ;
Jette à temps, ça me dit, carafons à l'écart.
Laisse aussi sombrer tes déboires, et dépêche !
L'attrait (puis, sens !) : une omelette au lard nous rit,
Lait, saucisse, ombre, thé des poires et des pêches,
Là, très puissant, un homme l'est tôt. L'art nourrit.
Et, le verre à la main, - t'es-tu décidé ? Roule -
Elle verra, là mainte étude s'y déroule,
Ta muse étudiera les bêtes ou les gens !
Comme aux dieux devisant, Hébé (c'est ma compagne)...
Commode, yeux de vice hantés, baissés, m'accompagne...
Amusé tu diras : " L'Hébé te soûle, hé ! Jean ! "
Jean Goudezki

Et ma blême araignée, ogre illogique et las

Aimable, aime à régner, au gris logis qu'elle a. (Victor Hugo)

Par les Bois du Djinn, où s'entasse de l'effroi,

Parle et bois du gin !... ou cent tasses de lait froid. (Alphonse Allais)

Gall, amant de la Reine, alla, tour magnanime,

Galamment de l'arène à la tour Magne, à Nîmes. (Marc Monnier[1])

Ô, fragiles Hébreux ! Allez, Rebecca, tombe !

Offre à Gilles zèbre, œufs. À l'Érèbe hécatombe ! (Victor Hugo)

Dans ces meubles laqués, rideaux et dais moroses,

Danse, aime, bleu laquais, ris d'oser des mots roses. (Charles Cros)

Danse, prélat ! L'abbé t'apprit l'air en plain-chant !

Dans ce pré-là, la bête a pris l'air en pleins champs (Luc Étienne)

Étonnamment monotone et lasse (Louise de Vilmorin)

126

Rumhb

On utilise un texte connu en le modifiant au point de vue du sens.

127

Sophisme

Un sophisme ou la logique fallacieuse est un raisonnement qui apparaît comme rigoureux et logique, mais qui en réalité est faux. Le sophisme repose sur le moteur du syllogisme.

L'adjectif fallacieux désigne ce qui est mensonger. La logique en rhétorique désigne l’art de construire un discours cohérent. Nous avons donc affaire à une contradiction dans les termes. Cette contradiction n'apparaît pas en logique mathématique, qui n'a que faire des valeurs de vérités des propositions.

À l'origine, les logiques fallacieuses ont été reprises sur Internet comme un outil d’éducation pour faire comprendre lors de discussions enflammées autour de la religion ce qui tenait ou ne tenait pas de la logique. Une logique fallacieuse est une logique fausse indépendamment de la véracité des postulats et de la conclusion. De fait ces derniers sont directement issus de l’ouvrage L'Art d'avoir toujours raison (1830-1831) qui est une œuvre de Schopenhauer, et les arguments originels ont été étendus par la suite.


Il est dur de détecter les logiques fallacieuses, et elles sont assez souvent efficaces pour convaincre. Le présent article a pour but dans un premier temps de définir ce que sont des arguments fallacieux, et ensuite de présenter une liste non-exhaustive de ces derniers qui sont traditionnellement nommés en latins.
Liste d’arguments fallacieux
Sophismes dont les prémisses ne sont pas pertinentes à la vérité de la conclusion.

Ad hominem aussi appelé argumentum ad hominem ou attaque personnelle est formulé contre la personne qui soutient une thèse, et non pas contre la thèse elle-même :
argumentum ad personam
ad hominem circumstantiæ
ad hominem tu quoque
Amphibologie (aussi appelé amphibolie)
argumentum ad verecundiam aussi appelé le chef a toujours raison, ou argument d’autorité.
argumentum ad consequentiæ
Appel à la terreur « Si vous maintenez votre point de vue, il y aura des conséquences... »
Appel à la flatterie « Un homme comme vous ne peut pas défendre un tel genre de position »
argumentum ad populum (aussi appelé la raison de la majorité). Ex : Dieu doit exister puisque la majorité des humains y croient depuis des millénaires. Variante : La France représente moins de 1% de la population mondiale et ne peut donc avoir aucun rôle significatif (L’Athènes de Périclès représentait bien moins de 1% de la population de son époque, et son modèle nous influence encore aujourd’hui; Sparte, bien plus puissante à la même époque, n’a pas laissé de trace culturelle durable.)
argumentum ad misericordiam
Appel au ridicule
argumentum ad odium
Deux faux font un vrai
la raison des bons sentiments
argumentum ad novitatem
argumentum ad antiquitatem (aussi appelé tout le monde fait comme ça, argument de vente des marques en banlieue)
argument par la foi « C’est forcément vrai, puisque c’est écrit dans le coran ».
argumentum ad ignorantiam (l’ignorance). Ex : Il n’y a aucune preuve que X est faux. Donc, X est vrai
argumentum ex silentio
Argumentum ad baculum (aussi appelé la raison du plus fort) Vous avez juridiquement tort parce que vous êtes politiquement minoritaire
Argumentum ad crumenam (aussi appelé la raison du plus riche) « Ce n’est pas ce minable même pas assujetti à l’ISF qui va me donner des leçons pour conduire ma vie » (voir Ésope, Épictète...).
Argumentum ad lazarum (aussi appelé la raison du plus pauvre) « La classe ouvrière se bat avec le réel tous les jours et est seule à connaître la réalité du pays. La dictature du prolétariat est donc la seule solution »
Argumentum ad nauseam (aussi appelé avoir raison par forfait) « Avez-vous lu les 38000 références que je viens de vous citer ? Non ? Eh bien je considère alors que vous n’avez rien à apporter à ce débat »
argumentum ad populum (aussi appelé la raison du plus populaire) L’opinion de Paul-Loup Sulitzer sur les yaourts est capitale à prendre en compte, car il vend des romans à 300 000 exemplaires
petitio principii (aussi appelé argument circulaire) : « Mon frère n’aime pas les épinards, et c’est heureux pour mon frère, car s’il les aimait, il en mangerait; or il ne peut les supporter ». Variante : « Les serpents venimeux sont utiles, car sans eux on ne pourrait fabriquer le sérum immunisant contre leur venin ».
rupture de la corrélation incluant :
plurium interrogationum (aussi appelé multiplier ou compliquer les questions)
Faux choix (aussi appelé blanc ou noir) : « les énergies marémotrice et géothermiques sont propres, donc écologiquement acceptables; si elles sont écologiquement acceptables, elles sont donc forcément renouvelables. Si vous contestez cette conclusion, vous êtes un partisan du lobby nucléaire »
refus de la corrélation (attention : une corrélation n’implique pas nécessairement une causalité. Ainsi, le nombre d’appartements dans un immeuble est très fortement corrélé au nombre de divorces dans cet immeuble; les ventes de whisky en Écosse y sont corrélées au revenu des pasteurs, et cela ne signifie pas que les pasteurs boivent le produit des quêtes. Cela indique simplement que quand leurs ventes sont bonnes, les Écossais ont les moyens de donner un peu plus à leurs pasteurs).
Supprimer la corrélation
Équivocation
confusion entre le tout et la partie
prendre la partie pour le tout : « X a voté Machin, Machin est pour telle réforme, donc X est partisan de cette réforme ».
diviser excessivement
généralisations invalides :
échantillon non représentatif « Depuis mon compartiment de chemin de fer, j’ai pu constater sur un échantillon de 70 passages à niveau que tous sans exception ont leurs barrières fermées ».
généralisation hâtive (aussi appelé déduction hâtive, manque de représentativité de l’échantillon)
ex : Les anglais sont tous trilingues, oui, j’ai rencontré un anglais qui parlait trois langues


généralisation excessive
manipulation statistique « Ce test de la maladie X est fiable à 99%, il se révèle positif pour vous, donc vous avez la maladie X » (en fait, si la maladie X touche une personne sur 100 000, un test « fiable à 99% » donnera 1000 positifs là où il n’y a qu’un vrai malade, et donc un test positif laisse encore 99,9 % de chance de ne pas avoir la maladie en question).
manipulation des probabilités : « Lancez trois pièces : deux sont forcément du même côté, soit pile, soit face. La troisième a une chance sur deux d’être également de ce côté-là; donc il y a une chance sur deux que les pièces soient toutes les trois du même côté »
le déshonneur par association / l’honneur par association : « Vous êtes végétarien ? Tiens, comme Hitler ! Ce ne doit pas être un hasard ». « Je ne suis pas un imbécile, puisque je suis douanier ».
Ignoratio elenchi (aussi appelé conclusion excessive)
post hoc, ergo propter hoc (aussi appelé confondre synchronicité et causalité)
ex : j’ai bu une tisane, grâce à cela mon rhume a disparu le lendemain.


le raisonner comme un procureur
le postulat indémontrable
argumentum ad temperantiam (appelé aussi le juste milieu)
la raison par la théâtralité
réductionnisme : « l’homme est formé de composants matériels régis par la causalité, donc la seule façon efficace d’analyser les actions humaines consiste à s’appuyer sur la causalité » (en fait, on obtient des modèles toujours plus simples, et utilisables, en s’appuyant au contraire sur les notions de motivation et de but)
la raison de la Nature ou génétique (qui méprend la cause ou l’origine d’une chose pour l’essence ou la chose elle-même).
ex :L'amour, parce qu’il découle de l’instinct sexuel, n’est autre que le désir de copuler. (voir Sémantique générale)

négation de la preuve
Non sequitur : (qui ne suit pas les prémisses)
Affirmation de la conséquence. Ex : aujourd’hui il fait beau, donc il pleuvra demain.
Déni des antécédents
Aucun bon écossais
treize à la douzaine
la raison des émotions
la solution parfaite
empoisonner le puit (ou la politique de la terre brûlée)
causa non pro causa incluant
simplification excessive de la causalité
les rapprochements excessifs
Post hoc Fausse analogie
ex : cet objet est beaucoup trop cher, j’ai vu le même l’an dernier à l’étranger à moitié prix.


renversement de la causalité
le chiffon rouge
Réification (ou hypostase)
le relativisme
renverser la charge de la preuve
la pente savonneuse
l’homme de paille
argumentum ad Google
syllogisme invalide (voir aussi paradoxes)
affirmation d'une disjonction
affirmation excessive de l'existence d’un terme
quaternio terminorum
non-distributivité du pivot
non-distributivité du terme majeur
non-distributivité du terme mineur
Faux dilemme
ex : Jupiter est une sphère gazeuse ou solide. Or, Jupiter n’est pas solide, donc elle est gazeuse.

Fausse corrélation (souvent justifiée par l'a priori que l'on a sur le sujet)
ex : 100% des cancéreux ont mangé des fruits au moins une fois dans leur vie ; par conséquent les fruits sont cancérigènes. ex : 30% des accidents de la route ont été causés par des fumeurs de cannabis ; le cannabis est donc un danger pour la route.

Sophismes d’ambiguïté
Division
ex : L’armée américaine est puissante, donc ce soldat américain doit être puissant

128

Stichomythie

La stichomythie est la partie du dialogue, au théâtre, où les interlocuteurs se répondent vers par vers. C'est en fait la succession de répliques de même longueur.

129

Similitude

On dégage des ressemblances entre deux choses, ex : C'étaient deux hommes encore jeunes, d'origine apparemment modeste. Des Parisiens.

130

Sujet quasi interne

Le verbe a-t-il un sujet de même racine lexicale ou du moins de même sens, ex : Encore le sommeil en sa profondeur endort parfois les songes (Montaigne).

131

Suspension

La suspension n'interrompt pas mais retarde vers la fin de l’énoncé l’apparition d’une partie essentielle de celui-ci.

132

Syllabe echo

Une syllabe éveille-t-elle des échos à divers points clés du texte, ex : Or dans le poème Orphée de Valéry.

133

Syllepse

Une syllepse (du grec σύλληψις / súllêpsis, littéralement « action de prendre ensemble », puis syllepse) est une figure de rhétorique ou une construction syntaxique désignant un accord se faisant selon le sens et non les règles grammaticales habituelles.
Ainsi, on accorde le verbe crier selon les règles grammaticales dans « l'ensemble des enfants cria » (accord du verbe avec son sujet, ensemble, qui est au singulier) ou par syllepse dans « l'ensemble des enfants crièrent » (accord avec enfants, qui n'est pas le sujet grammatical mais correspond à l'actant « acteur »).

134

Syllogisme

En logique aristotélicienne, le syllogisme est un raisonnement logique à deux propositions (également appelées prémisses) conduisant à une conclusion qu'Aristote a été le premier à formaliser. Par exemple, Tous les hommes sont mortels, or les Grecs sont des hommes, donc les Grecs sont mortels est un syllogisme ; les deux prémisses (dites « majeure» et « mineure ») sont des propositions données et supposées vraies permettant de vérifier la véracité formelle de la conclusion. La science des syllogismes est la syllogistique, à laquelle, entre autres, se sont intéressés les penseurs de la scolastique médiévale, Gottfried Leibniz et Emmanuel Kant.

135

Symbole

Le symbole est originellement une représentation qui fait sens. C'est un système signifiant relevant de la connotation. Des opérations de distinction et de relation/unification produisent du sens pour un individu ou un groupe social. Le symbole apparaît ainsi comme la réalité visible qui invite à découvrir la réalité invisible ; il ne fait qu'un avec le symbolisé. Cette unité ne se fait pas par un mode fusionnel mais par ajustement (sumbolh). L'ensemble des deux éléments (visible et invisible) forme un tout et l'un ne se comprend pas sans l'autre. Selon Creuzer, le symbole serait « situé entre la forme et l’être, entre l'expression et l'idée » (R. Alleau, De la nature des symboles, Paris, Pont-Royal, 1964, page 20).

Par extension, le symbole en est venu à désigner toute réalité qui en évoque une autre, absente ou abstraite, à l'aide d'une correspondance implicite. Le symbole devient une représentation de l’absent et de l’imperceptible. Tous les systèmes symboliques tentent d'exprimer des idées, des concepts, etc. Au contraire du code, le symbole est univoque et parfois personnel (tel objet symbolise mon ami disparu ou perdu de vue, telle image symbolise, pour moi, l'espérance, ...). Un symbole établit donc une relation de correspondance qui n'a pas de sémantique générale a priori entre deux éléments. Il prend sa forme signifiante par une représentation mentale élargie, où le système symbolique et l'élément symbolisé peuvent avoir des éléments de correspondances proches ou lointains. Exemple : le couple soleil-lune représentant le couple homme-femme, lumière-ténèbres, et vérité-mensonge. Correspondance entre deux éléments, le symbole est quelques fois utilisé tel un synonyme d'allégorie, métaphore, métonymie, synecdote. Exemples : une balance figurant la justice ; les lauriers symbolisant la gloire.

136

Synecdoque

La synecdoque (ou inclusion) est le fait d'assigner à un mot un sens plus large ou plus restreint qu'il ne comporte habituellement.
C'est une variété de métonymie ; elle produit un effet de style permettant de désigner quelque chose par un terme dont le sens inclut celui du terme propre. Elle permet d'exprimer un tout par une de ses parties, un objet par sa matière, et vice-versa.

Exemple :
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur. Victor Hugo (les voiles = les bateaux à voiles)
Berne a protesté énergiquement contre l'attaque d'un véhicule diplomatique. (Berne = la Suisse dont elle est la capitale)
Exemple canonique : « Acheter un vison » pour « Acheter un manteau fait en peau de vison ».

137

Synonymie

La synonymie porte-t-elle sur les classèmes, alors que les sèmes spécifiques sont opposés, ex : Un chapeau d'une élégance douteuse, d'une vulgarité étudiée,  Le bus était plein de gens qui détestaient les cars bondés.

138

Tautogramme

Phrase ou vers composé de mots commençant tous par la même lettre: Triste, transi, tout terni, tout tremblant, D'où descendent deux drôles de dandys doucement discourant ?

139

Tautologie

Il y a deux mots identiques en fonction de sujet et de prédicat, ex : À la guerre comme à la guerre.

140

Topique

Thème d'un énoncé, le plus souvent signalé par sa position initiale dans la phrase ou par une rupture intonative. En français, le topique est repris par un pronom dans la proposition principale : «Paul, je l'ai vu hier», «Quant à Marie, cela fait des mois que je n'ai plus de ses nouvelles».

141

Travestissement

A-t-on une parodie qui rend petits ou triviaux des actes héroïques et distingués.

142

Trope

Le trope est une figure de style ou de rhétorique qui consiste à employer un mot ou une expression dans un sens figuré (métonymie, métaphore, etc.)

143

Variation

On revient, dans un texte littéraire, sur un point déjà traité, en des termes analogues, en introduisant quelque différence, ex : C'est une fille de treize ans dont le visage pâli se tord de mal et qui court vers la place assise. Plus tard une camarade lui montre, sur sa jupe, une tache et lui explique qqch. (sonore : on s'arrange pour que les mots du texte offrent, du point de vue sonore, une alternance de voyelles ou de consonnes, ex : Les hauts murs d'or harmonieux d'un sanctuaire)

144

Virelangue

Un virelangue est une expression (une phrase ou un petit groupe de phrases) à caractère ludique caractérisée par sa difficulté de prononciation ou de compréhension orale — voire les deux à la fois. On peut noter que ces virelangues peuvent servir d'exercices de phonétique dans l'apprentissage du Français langue étrangère. Les Japonais, par exemple, aimeront sûrement s'entraîner à prononcer une phrase pleine de jonquilles jaunes et de jasmin, tandis que les germanophones aimeront se promener dans le désert aux vastes distances.

Exemples :

– Tes laitues naissent-elles ?
– Oui mes laitues naissent.
– Si tes laitues naissent, mes laitues naîtront.
Suis-je bien chez ce cher Serge ?
Ton thé t'a-t-il ôté ta toux ? disait la tortue au tatou. Mais pas du tout, dit le tatou, je tousse tant que l'on m'entend de Tahiti à Tombouctou !
– Les chaussettes de l'archiduchesse sont-elles sèches ?
– Archisèches.
– Si mon tonton tond ton tonton, ton tonton sera tondu.
Je dis que tu l'as dit à Didi ce que j'ai dit jeudi.
Zazie causait avec sa cousine en cousant.
Je veux et j'exige du jasmin et des jonquilles.
La jolie rose jaune de Josette jaunit dans le jardin.
Pas de dessert dans le désert.
J'ai la bouche rouge et sèche.
Kiki la cocotte aimait Koko le concasseur de cacao.
Natacha n'attacha pas son chat qui s'échappa.
Les soldats se désolidarisèrent-ils ?
Didon dîna dit-on du dos dodu d'un dodu dindon.
Un dragon gradé dégrada un gradé dragon.
Vous qui macadamisez cette route, quand la démacadamiserez-vous ?
Je suis un original qui ne se désoriginalisera jamais.
La pie niche haut.
L'oie niche bas.
L'hibou niche ni haut ni bas.
Où l'hibou niche-t-il ?
(Si l'interlocuteur a compris, il devrait répondre : ni haut ni bas.)

Tas de riz, tas de rats
Tas de riz tenta tas de rats
Tas de rats, tenté par tas de riz tentant, tâta tas de riz tentant !
Combien coûtent ces six saucissons-ci ?
Ces six saucissons-ci sont six sous.
La vache mâche sans relâche dans le champ où le chien niche tout en léchant son chiot naissant.
Truite cuite, truite crue, …
Piano panier, piano panier, piano panier, …
Qu'a bu l'âne au quai ? L'âne a bu l'eau !
ou Qu'a bu l'âne au lac?
Chat vit rôt
Rôt tenta chat
Chat mit patte à rôt
Rôt brûla patte à chat
Chat quitta rôt

145

Zeugma (zeugme)

Le zeugma ou zeugme (du grec ζεῦγμα / zeugma, « joug, lien ») est un procédé de construction syntaxique pouvant être considéré comme une figure de style.

Il existe deux conceptions du zeugma :
le fait de ne pas répéter un élément commun dans une phrase présentant deux membres parallèles. Ainsi, dans la phrase « L'un poussait des soupirs, l'autre des cris perçants », poussait n'est pas répété. On peut considérer ce procédé comme un raccourci, un moyen de simplifier la phrase. Il est très fréquent et ne constitue pas une figure de rhétorique, parce qu'il n'attire pas l'attention. C'est au contraire la répétition du terme commun qui ferait figure ;
le fait de rattacher deux éléments, qui ne peuvent être mis sur le même plan, à un terme commun, éventuellement — mais non nécessairement — dans le cadre d'un parallélisme. Il s'agit alors d'une figure qui provoque un effet de surprise, souvent comique, parfois poétique. Par exemple : « Tous les matins, il saute son petit-déjeuner et la concierge » (Pierre Desproges), «J'y ai laissé ma jeunesse et ma moto » (Indochine) ou « Les moutons suivaient le berger, et le berger le fil de ses pensées ».
Dans le cas où l'incompatibilité est d'ordre grammatical, par exemple quand on associe un verbe transitif et un verbe intransitif à un même complément, il s'agit plutôt d'une anacoluthe.


D'autres figures de style peuvent aussi être proposées. Par exemple :
- L'acrostiche continue : toutes les lettres, syllabes ou temps du vers peuvent être lus verticalement et horizontalement.
- Le remplacement d'une partie d'un mot par un autre pour signaler la disparition du lexème associé : j'ai vidé le panier de ses pierres.
- La juxtaposition de 2 parties de mot communs ou propres pour exprimer la combinaison de leurs léxèmes : j'me laisse poustache (pousser la moustache). Bigard.
- Remplacer un mot quand sont lexème est « dit » par un dont les lettres font + « dix », par exemple tous les g (7) par des q (17), les h (8) par des r (18), les i (9) par des s (19), etc, ex : je lui ai parlé du bec, quel bel homme [lom].
- L'ajout de la phonétique d'un chiffre pour préciser le nombre d'un sous-groupe ou d'une répétition : c'est encore eux de la dernière fois (en désignant un groupe incluant 2 femmes, ou le fait que ce soit la 2ème fois qu'ils reviennent).
- La contraction de mots et de sens : Fragment (Frage = question, enquête en allemand) peut évoquer la question allemande.


Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_figures_de_style

Index
1) Les phonèmes
2) Jeu de société
3) Exemples interprétations principales
4) Liste des homonymes internationaux, ou faux amis
6) Proverbes et expressions
7) Liste de Swadesh multilingue
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MAJ le 13/06/2009